Matin gris et mouillé de longue course lente. J'avais pour plan de passer l'après-midi à me balader en ville, parce que j'aime Paris quand je marche Paris, mais la pluie persistante et souvent drue m'en décourage. Je vais plutôt faire un peu les soldes sur le boulevard Saint-Michel, vers Cluny, puis je bouquine longtemps, longtemps, longtemps chez Gibert Joseph. Grand petit plaisir en solo. J'en repars avec un peu trop de livres, mais difficile de résister, surtout quand ils sont usagés. Les résultats de ma cueillette: un guide sur Strasbourg, Le parti pris des choses de Francis Ponge, Le Ventre de Paris de Zola, L'Emploi du temps de Butor, Physiologie du mariage de Balzac, le Marie-Antoinette d'Antonia Fraser, Éloge du mariage, de l'engagement et autres folies de Christine Singer (ben quoi, je me documente!), Délices et cœur brûlé de Vanessa K.
Une fois les achats réglés, l’estomac en état d’urgence, je me précipite vers la Pâtisserie Viennoise, dont on m’a vanté le chocolat chaud et les gâteaux. Je me cogne le nez sur une porte grillagée : ouvert du lundi au vendredi. Gmmpff. Je me rabats sur un bistrot voisin, le Bistrot 1. Je crains l’attrape-touriste (il y en a tellement dans le quartier), mais je suis agréablement surprise : le personnel est affable et efficace, l’endroit est charmant. Ma tartelette aux pommes n’a rien d’extraordinaire, mais la salle à l’étage, où je colle plus d’une heure avec mon thé et mes bouquins, est juste assez vieillotte pour être chaleureuse, avec une touche d'élégance. Dans la rue, en contrebas, le défilé des parapluies.
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