Les jours filent, entre
un jeudi soir au Centre Pompidou, où l'art contemporain m'a fait la désagréable impression d'être en grande partie du n'importe quoi (à part ceci, une oeuvre touchante de Sophie Calle et une sculpture troublante de Louise Bourgeois);
un souper avec V vendredi qui devait à la base être sénégalais, mais qui nous a finalement conduites à ma petite adresse presque secrète, un endroit à la fois simplement et ambitieusement nommé Le Resto, que j'étais tellement contente de partager et qui ne nous a pas déçues;
un apéro du samedi dans un bar très particulier où j'ai savouré un Agnès (gin, jus de lime, sirop de vanille et liqueur de fleur de figue) et M un Pirate quelque chose, au rhum - le tout au coin du feu, dans le petit salon d'une demeure de Montmartre - suivi d'un concert énergique de Yann Perreau aux Trois Baudets;
un dimanche entre les galeries XIXe du Louvre, une courte balade sur les quais de Seine, une séance de cinéma avec des copines et le concert pour Haïti au Zénith...
... et voilà que je n'ai plus le temps / le goût / le besoin de passer par ici.
J'aurais aimé écrire qu'un cycle, une semaine, a suffi pour que je me sente de nouveau bien ici. La vérité, moins ronde, moins régulière, c'est qu'une douzaine de jour ont été nécessaires au rééquilibrage. Pour que se réinstalle un salutaire sentiment de distance par rapport au Québec, pour que Paris redevienne juste assez familière pour m'irriter un peu moins, pour que j'aie à nouveau de l'affection de de l'appétit pour elle.
Choses parmi d'autres apprises au cours des derniers jours:
- les épaules du fameux zouave du pont de l'Alma n'indiquent pas correctement le niveau de l'inondation de 1910: il a été déplacé depuis; mieux vaut se fier aux marques sur les édifices
- le café que j'aime s'appelle un "double crème" et non pas "un crème avec double dose de café"
- c'est un "coquetier" et non pas un "cocotier" comme l'arbre (ben quoi, ça tient les cocos, ce machin en porcelaine, non?);
- Toulouse-Lautrec mettait des poissons rouges dans les carafes d'eau qu'il servait à ses invités, en guise d'incitatif à consommer plutôt du vin.



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