lundi 30 novembre 2009

Trois jours en Val de Loire I: de Paris à Sancerre

Retour en images et en quelques mots sur notre longue fin de semaine dans le Val de Loire au début du mois de novembre.

L'idée de base: quitter Paris, voir un peu de pays. Le Val de Loire, avec ses fameux châteaux, situé juste au sud de Paris, était parfait. Que la région comprenne Sancerre, l'une de mes appellations vinicoles préférées, n'était pas pour nuire.

Nous avons quitté la grande ville un samedi matin, avec J au volant de notre Opel Corsa noire de location et moi en préposée à la distribution de pain d'épices tartiné de beurre de pinottes (il y a eu moult miettes et taches de gras sur mes vêtements).


Nous avons rapidement abandonné l'autoroute pour les routes départementales (les D machin, sur la carte), qui sillonnent la campagne et traversent le coeur médiéval des villages.

Premier arrêt : Étampes - moins pour son patrimoine bâti que pour une pause pipi. C'était jour de marché, il y avait foule dans le bar-tabac très vieille France (j'adore quand la réalité dépasse les clichés) où nous a conduits notre quête. Nous avons profité du marché pour faire provision de pommes (farineuses, décevantes) et des figues (savoureuses --  fraîches ou séchées, les figues d'ici sont de loin supérieures à celles qu'on trouve au Québec).



Deuxième arrêt, imprévu celui-là aussi: Courcelles! Quand j'ai vu sur la carte un petit point à peine en retrait de notre route et qui portait le même nom que le village où enseigne ma maman, il a bien sûr fallu que j'aille prendre quelques photos.

Aussi petit que son homonyme québécois, le patelin était désert. Nous n'y avons vu personne, à part l'homme qui a ouvert ses volet pour me demander abruptement ce que j'avais à photographier sa porte. Comme bien souvent depuis mon arrivée en France, accent québécois, sourire et naïveté feinte m'ont été utiles.






Nous avons eu un peu de mal avec la signalisation française, qui déroute (c'est le cas de le dire) l'esprit nord-américain. Un exemple: chez nous, pour indiquer qu'il faut aller tout droit pour se rendre à Bled, la flèche du panneau pointerait vers le haut. Pas ici. La plupart du temps, cette indication est donnée par une flèche oblique vers le bas. L'idée est quelque chose comme: passe sur le point que je t'indique, pis suit l'asphalte. Suis-je claire? En tout cas, ça nous a valu quelques tours supplémentaires de ronds-points. Et quelques erreurs d'aiguillage.

La pause suivante a été commandée par notre estomac. Sully-sur-Loire: enfin la Loire! enfin un château! Nous n'en avons pas visité l'intérieur, mais après le repas, j'ai photographié l'extérieur sous tous les angles. J a eu une patience d'ange toute la fin de semaine avec sa Miss Nikon de fiancée.

 Euh oui, j'ai aussi photographié le château pendant le repas.


J'ai accroché le déclencheur. Le pire, c'est que c'est probablement ma photo préférée de ce voyage.


Étape obligatoire à Gien, pour lequel J a un intérêt phonético-familial: petit, son frère François prononçait son prénom "J'ien".

J'ien à Gien


Gien est réputé pour sa porcelaine. Nous nous sommes arrêtés au musée-boutique, tout prêts à investir dans la spécialité locale, mais le style des pièces, que je qualifierais poliment de surrané, nous en a découragés.

À la sortie de Gien, le soleil a paru sous l'averse; la lumière était fabuleuse.

Nous avons atteint Sancerre en fin d'après-midi. Alors que jusqu'à Gien, le paysage était tout à fait plat, le Sancerrois est beaucoup plus accidenté. Le village de Sancerre coiffe une colline abrupte entourée de vignobles des appellations Sancerre et Pouilly-Fumé. Au fond de la vallée, le village minuscule de Chavignol.

Depuis mon arrivée à Paris, je ne passe pas une semaine sans crottin de Chavignol. Quand j'ai découvert que Sancerre et Chavignol étaient voisins, j'ai cru que c'était Noël. Et au bistro ce soir-là, avec mon crumble de chèvre chaud et tomates accompagné de vin de Sancerre, c'était Noël. J lui aussi parle encore avec émotion de la salade de chèvre chaud du Bistro des Damnés.

J'allais oublier: nous avons bien sûr fait provision de vin et de fromage locaux qui ont prolongé le plaisir bien après notre retour. 

La suite dans un prochain billet...

mardi 24 novembre 2009

Not home. Not sweet.

La fin de semaine à Lausanne a été formidable, vraiment.

Le trajet du retour s'est déroulé sans anicroche.

N'empêche qu'après 4 heures sur le même siège de deuxième classe, j'étais fourbue, légèrement nauséeuse, les reins en compote.  Sur le quai, dans la gare, les tunnels et les wagons de RER, les odeurs (J m'a fait remarquer que dans la paisible et très civilisée Lausanne, nulle odeur d'ammoniaque, même dans les racoins un peu sombres), la foule et sa brutalité toute parisienne ont été un choc.

Comme d'habitude après ce genre de trajet en autobus, en train ou en avion, je n'avais qu'une envie: rentrer. Être à la maison. J'anticipais déjà cette sensation de soulagement et de réconfort : home, sweet home.

Arrivée au 3e étage du 45 rue d'Ulm, en m'engageant dans le couloir de l'aile Rataud, ça m'a frappée. Je ne rentrais pas à la maison. Tout ce qui m'attendais au bout de ce couloir inhospitalier, avec son plafond suspendu aux trois quarts arraché, son éclairage glauque et ses portes bigarrées, c'était une chambre aux murs qui pèlent, 15 mètres carrés déjà étouffants quand j'y étais seule, et des aires communes malodorantes,  sales, dysfonctionnelles.

Que ce soit bien clair: je suis bien consciente de ma chance d'être ici (logée gratuitement dans le 5e arrondissement, qui plus est!). Chaque jour, je prends le temps de la savourer. Je me suis déjà attachée à Paris beaucoup plus que je ne m'y attendais et Montréal ne me manque pas vraiment. Ce n'est même pas de notre appartement en particulier que je me languis. Je sais bien que je rentre dans trois semaines. Je m'en réjouis, mais je ne compte pas non plus les dodos.

Ce n'est pas de ça qu'il est question. Non, ce qui me manque, ici, c'est tout simplement le sentiment d'avoir un chez moi, un chez nous.


(Le tout pour vous dire qu'ici, je ne flotte pas en permanence sur un petit nuage rose et scintillant.)


*****


Et au cas où vous vous demandiez si je cuisine, ici, voici quelques images de la cuisine de notre couloir, pourtant nettoyée quotidiennement du lundi au vendredi (ces images ont été prises un mercredi matin - mmmm les bonnes pâtes de la veille!). Voilà qui devraient vous expliquer pourquoi la réponse est: à peu près pas. Imaginez de quoi ça a l'air le dimanche soir, quand la femme de ménage n'est pas passée depuis le vendredi...


dimanche 15 novembre 2009

Depuis le 17 octobre


L’ironie avec ce blogue, c’est que plus les semaines sont remplies et moins j’ai le temps (et peut-être aussi l’envie) de m’arrêter pour les raconter. Et depuis maintenant quatre semaines que J est arrivé, c’est un vrai tourbillon! On ne voit pas le temps passer. Quand nous avons – exceptionnellement! – une soirée libre, nous trouvons généralement tout juste l’énergie de regarder un film téléchargé sur iTunes, bien écrasés sur le lit.

Mais par ailleurs, depuis quatre semaines qu’il est arrivé

nous avons suivi (nous suivons) des cours de valse viennoise (oui oui, pour de vrai! comme dans Sissi!)
nous avons dîner (soupé – en tout cas, vous comprenez) dans un bistro sans carte : on vous sert ce que le chef a concocté pour tous, comme quand chez des amis – et c'est chaleureux, délicieux
nous avons constaté que le Centre Pompidou est fermé le mardi
nous nous sommes baladés à quelques reprises dans le Marais, avons visité une partie du musée Carnavalet
nous avons dégusté des vins du Jurançon, deux secs et trois moelleux mais pas écœurants du tout, avec une belle acidité et une pointe de minéralité qui équilibraient l’ensemble
nous avons arpenté le Quartier latin, la Butte-aux-Cailles et un peu Saint-Germain aussi, souvent le nez en l’air pour mieux s’émerveiller de la beauté des édifices
nous avons fait un tour de genre de bateau mouche mais en plus sympa, un après-midi plein de soleil (d'où ces photos)
nous avons reçu deux morceaux sur trois de notre futon acheté par internet chez Ikea et au lieu du troisième paquet, la boîte 2 de 2 du lit de quelqu’un d’autre, avons galéré au téléphone pour obtenir l’échange des colis une semaine plus tard, avons finalement reçu le bon modèle mais version défectueuse, avons contacté le service des travaux de l’ÉNS pour qu’ils nous aident à percer les trous manquants dans la structure de métal
nous dormons enfin, depuis deux semaines, sur le futon
nous râlons désormais en chœur au sujet de la saleté de la cuisine commune, des toilettes et des douches
nous nous sommes embrassés sur le point zéro des routes de France et sous le pont Marie (entre autres)
nous avons bu du Château Bourdieu et du Château Foucaud dans la même semaine
nous avons passé d’agréables soirées avec des amis à moi, à lui
nous avons accepté une invitation à dîner du philosophe-défroqué-caviste-poète (et quelle soirée! une dizaine de commensaux de 20 à 60 ans, des littéraires, des scientifiques, des du milieu de la photo et du cinéma, plus de bouteilles que d’invités, quatre entrées, une énorme marmite de bœuf bourguignon, du bleu d’Auvergne apporté par nous, des macarons, Gainsbourg, Grappelli, Clapton…)
nous avons fait la vaisselle en chantant « Dans mon corps de jeune fiiiiille »
nous rigolons de la manie française d’intégrer (avec en général assez peu de bonheur) de l’anglais partout pour faire chic et branché
nous planifions une fin de semaine à Lausanne, soit la semaine prochaine ou la suivante
nous avons vu Le Petit Nicolas (très chouette), Lucky Luke (quelques bonnes blagues, mais Lucky Luke qui fait une crise existentielle, non mais!!) et Good Morning England au cinéma, et nous avons assisté à l’avant-première d’In The Loop, une comédie politique de style faux documentaire très réussie (à mon avis)
nous avons commencé une liste de tout ce que nous voulons faire à Paris d’ici le 17 décembre et il n’y a aucune chance que nous en venions à bout
nous avons goûté un baba au rhum dé-li-rant de chez Storher, dont le fondateur a inventé ce dessert qui est peut-être mon préféré (ok, très honnêtement, je ne saurais pas dire lequel je préfère entre le leur, tellement fondant et dégoulinant de sirop de rhum. et celui de la famille de J, avec sa petite croûte de sucre irrésistible)
nous sommes allés à la Comédie française voir L’Avare de Molière (Denis Podalydès, remarquable Harpagon), dans une mise en scène reposante de non-inventivité classicisme
nous avons aussi vu cette pièce (superbe scéno, bon jeu d’acteurs, trame sonore judicieusement omniprésente, mais le texte bof bof) et ce spectacle de danse (quelques très beaux numéros, mais les parties parlées nous ont agacés), avons pris des billets aussi pour celle-ci à la fin novembre et celle-là au début décembre
nous nous sommes étourdis d'art contemporain à la foire SLICK et y sommes tombés amoureux des Chantiers de Patrick Bastardoz
nous avons joggé trois ou quatre fois ensemble, ce que nous n’avions jamais fait auparavant
nous comparons les mérites des différentes boulangeries des alentours, particulièrement en matière de baguette tradition, croissants et pains au chocolat
évidemment, j'en oublie et j'en passe

et c'est sans parler de notre petit voyage dans le Val de Loire la fin de semaine dernière… à venir dans un prochain billet. Au moins les photos, en tout cas!