Depuis quelques jours, je m'aperçois que les routines anciennes ne me conviennent plus. Même les moments qui me plaisaient dans mes habitudes -- la balade du midi au café ou au marché, la cuisine à deux du dimanche -- me laissent insatisfaite et un peu triste. Le boulot commence trop tard, mais je ne veux plus utiliser le réveil-matin et il est difficile de me passer de mon lever en douceur avec radio, café, vaisselle, puis Internet, puis course, puis petit déjeuner. Les périodes de travail sont frustrantes; les pauses culpabilisantes. Une impression d'impuissance, aussi, comme si j'étais un personnage de dessin animé qui s'agite follement pour échapper à un géant qui le retient nonchalamment, le pouce et l'index refermés sur son chandail.
Je cherche autre chose. Pas facile de défaire les habitudes, d'en reprendre d'autres. Je suis tentée de balancer toute routine, tout horaire. Saurais-je quand même être productive?
*****
Quand je suis déprimée, triste, stressée, encolérée, je m'en veux: non mais si ça a du sens, quand on est tellement comblée, quand on a tellement tout!
Et dès que je me sens mieux, dès qu'une bouffée de bonheur me tire vers le haut, je crains d'être maniaco-dépressive.
lundi 22 novembre 2010
samedi 20 novembre 2010
Un samedi de novembre
Nous nous levons étonnamment tard, même pour un samedi. Premier café et vaisselle de lendemain de réception. J'imagine que les invités ne me croient pas quand je les en assure, au moment de décliner leur offre d'aide et de leur souhaiter bonne nuit, mais c'est vrai: j'aime bien rincer les verres et les glisser dans leur support, essuyer les grandes assiettes, ranger les casseroles, l'assiette à pied, secouer la nappe en repensant à la soirée de la veille.
C'était notre première "soirée vin" depuis mon retour de Paris (!). Soirée merlot, avec ces trois vins. Après la dégustation, j'ai servi ceci. Je m'étais même lancée pour la première fois dans une recette de Julia Child avec, question de faire bien français, des pommes de terre purée (moi qui n'en cuisine pratiquement jamais!). Franchement, tout était très bon. Le gâteau aussi, dont les accents portugais se sont plutôt bien mariés avec les canneberges locales, version compote.
Nous finissons la vaisselle juste à temps pour filer à ce resto si près de chez nous qu'il est ridicule que nous n'y soyions jamais allés. Les plats sont tout juste corrects, mais qu'importe, quand il y a B. et son rire, Jo. et ses anecdotes, les premiers sourires de leur toute-petite, du soleil et du café à volonté.
Dissoute, la volonté de passé mon samedi après-midi à travailler pour compenser la journée d'hier passée dans la cuisine. Direction Musée McCord, pour voir une expo qui me motive à reprendre l'appaeil-photo, une autre qui me fait m'extasier (pauvres gardiens qui doivent se taper des petits cris attendris à la semaine longue) et un bout de leur exposition permanente sur Montréal. J'ai beaucoup d'affection pour ce petit musée à la fois éducatif et documenté, professionnel mais chaleureux. À chaque visite, je découvre de nouveaux morceaux du Montréal passé, plus anglais, à la fois plus pauvre par bouts et plus scintillant par d'autres, avec ses vies que j'ai peine à m'imaginer mais que je peux quand même relier à la nôtre, à ce que la ville est devenue. À chaque visite, avec chaque morceau que je découvre, que j'absorbe, Montréal devient un peu plus mienne, et moi un peu plus montréalaise.
C'était notre première "soirée vin" depuis mon retour de Paris (!). Soirée merlot, avec ces trois vins. Après la dégustation, j'ai servi ceci. Je m'étais même lancée pour la première fois dans une recette de Julia Child avec, question de faire bien français, des pommes de terre purée (moi qui n'en cuisine pratiquement jamais!). Franchement, tout était très bon. Le gâteau aussi, dont les accents portugais se sont plutôt bien mariés avec les canneberges locales, version compote.
Nous finissons la vaisselle juste à temps pour filer à ce resto si près de chez nous qu'il est ridicule que nous n'y soyions jamais allés. Les plats sont tout juste corrects, mais qu'importe, quand il y a B. et son rire, Jo. et ses anecdotes, les premiers sourires de leur toute-petite, du soleil et du café à volonté.
Dissoute, la volonté de passé mon samedi après-midi à travailler pour compenser la journée d'hier passée dans la cuisine. Direction Musée McCord, pour voir une expo qui me motive à reprendre l'appaeil-photo, une autre qui me fait m'extasier (pauvres gardiens qui doivent se taper des petits cris attendris à la semaine longue) et un bout de leur exposition permanente sur Montréal. J'ai beaucoup d'affection pour ce petit musée à la fois éducatif et documenté, professionnel mais chaleureux. À chaque visite, je découvre de nouveaux morceaux du Montréal passé, plus anglais, à la fois plus pauvre par bouts et plus scintillant par d'autres, avec ses vies que j'ai peine à m'imaginer mais que je peux quand même relier à la nôtre, à ce que la ville est devenue. À chaque visite, avec chaque morceau que je découvre, que j'absorbe, Montréal devient un peu plus mienne, et moi un peu plus montréalaise.
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