Oui, je sais, j'ai sauté une semaine. C'est que la semaine dernière, mes sens ont singulièrement manqué de stimulation. À part les fleurs du jardin du Luxembourg (mais je me suis dit que vous deviez commencer à vous lasser de me lire pavoiser avec mon printemps parisien), mon paysage a essentiellement ressemblé à ceci:
Je l'aime bien, cette bibliothèque. Ces deux dernières semaines, je m'y suis trouvée à l'aise pour travailler. Mais pas de quoi en faire une chronique des plaisirs sensoriels.
Samedi midi, j'ai finalement envoyé à ma directrice une première version du fameux chapitre de thèse sur lequel je travaille depuis les Fêtes. Ce n'est pas très bon et j'ai peur des commentaires que je dois recevoir d'un jour à l'autre, mais comme je me dis, c'est une version bêta.
En après-midi, j'ai pris mon appareil-photo et la direction de Belleville, pour une très agréable balade. Je compte mettre les photos en ligne, mais comme en témoigne l'absence, des mois plus tard, des photos promises de nos voyages à à Lausanne, Barcelone et Strasbourg, je ne suis pas très bonne à ce chapitre. Bref, Belleville = coup de coeur instantané. Et le lendemain, j'ai passé un très agréable apéro avec M. et quelques amis au dans l'herbe au parc des Buttes Chaumont. Une fin de semaine XIXe arrondissement, quoi!
Il y a quelques semaines, D. m'a demandé dans quel quartier de Paris j'habiterais, si j'avais le choix. J'avais été bien embêtée de répondre. Maintenant je sais: le XIXe.
Place, maintenant, au vendredi des cinq sens.
Voir: le soleil qui descend sur les Buttes Chaumont par un beau dimanche d'avril qui se prend pour un bout d'été
Entendre: des chants d'oiseaux inconnus, place de l'Estrapade
Sentir: le parfum estival du plant de basilic que j'ai acheté au supermarché
Goûter: le premier cornet de l'été, à la Pâtisserie de l'Église, juste en face de l'église de Belleville. Deux boules, vanille et passion, légères en texture mais riches en saveurs.
Toucher: la sensation du soleil et du vent sur mes mollets, mes bras, mes clavicules, agréable mais qui me donne une drôle de sensation de nudité, de vulnérabilité.
vendredi 30 avril 2010
mercredi 21 avril 2010
En attendant
Parce que cette semaine, je suis submergée par la thèse, parce qu'après toute une journée à écrire icelle, je n'en peux plus de pianoter sur le clavier.
Et parce que c'est Rufus.
Et parce que c'est Rufus.
vendredi 16 avril 2010
Vendredi des cinq sens
Voir: les fleurs partout, magnolias, pommiers, poiriers, muguet, lilas, tulipes et tant d'autres dont je ne connais pas le nom... et la lumière fraîche qui filtre à travers le feuillage des marronniers sur la rue l'Abbé de l'Épée, sur la rue Érasme et au Luxembourg.
Entendre: les bruits pour touches de clavier d'Ommwriter, en particulier le numéro 6, comme des gouttes d'eau dans une caverne.
Goûter: le vin blanc du Domaine Binner (Alsace), opulent mais équilibré par une touche d'acidité et une pointe d'amertume. En plein mon genre de vin, d'autant plus savoureux que je l'ai bu à mon cher Café de la Nouvelle-Maire.
Sentir: les odeurs de début d'été dont se charge déjà l'air de Paris.
Toucher: l'oreiller parfaitement ferme et volumineux que m'É m'a prêté pour l'année.
mardi 13 avril 2010
lundi 12 avril 2010
Un coup sec
J'ai choisi les adieux arrachage de diachylon, épilation à la cire, saut dans l'eau froide les yeux fermés. Parce qu'en matière d'adieux comme de retrait de machins collés à l'épiderme ou de saucette dans une piscine sans thermopompe, plus lentement, c'est juste douloureux plus longtemps. Pas moins intensément.
Après un mini souper avalé en vitesse (la balade au stand à journaux avait pris plus longtemps que prévu), j'ai décrété que c'était le temps d'y aller et j'ai appelé un taxi. Les adieux, à moitié dans le couloir de l'appartement, à moitié sur le trottoir pendant le chargement des valises, ont été intenses mais brefs. Avant que je ne m'en rende compte, c'était fait. Nous étions séparés de nouveau.
Deux coins de rues plus loin, sur la banquette de cuir noir, je me surprends à reprendre un accent franchouillard et je dois me concentrer pour parler vraiment québécois. Comme pour me distraire, le chauffeur - haïtien? - me pose des questions. Rien de trop personnel, il a bien saisi que le terrain est à éviter. Plutôt avions, voyages, Paris, transports. C'est efficace.
Tout s'est passé très vite et très aisément. L'aéroport était étonnamment calme et, du coup, le personnel détendu. Et moi aussi. J'aime me balader dans les boutiques d'aéroport, lire des jaquettes de livres de poche, feuilleter des magazines, tester des parfums, m'asseoir au bar avec vue sur la piste pour siroter un verre de vin trop cher en gossant sur mon ordinateur, pour une fois sans me sentir coupable.
Après avoir finalement récupérée ma grande valise, livrée sur le tapis du vol de Casablanca (!), c'est un Paris tout en fleurs et en feuilles que je retrouve. Il ne fait pas très chaud, à peine plus qu'à Montréal, mais c'est le printemps dans toute son abondance, lilas, tulipes et magnolias.
Je suis étonnée de l'aisance avec laquelle je renfile ma vie parisienne, comme le manteau de printemps qu'on ressort du placard après quelques mois de remisage et d'oubli. Il faut dire qu'il est plus agréable de rentrer un jour d'avril ensoleillé qu'un gris dimanche de janvier. J'ai l'impression d'être partie il y a des mois, mais les habitudes réembrayent d'elles-mêmes. La douche en gougounes, les toilettes partagées. Passage à la bibliothèque* puis à la poste, virée au Carrefour Market de la rue Monge, un extra en forme de crêpe de sarrasin sur la rue Mouffetard.
Le courriel de J m'ébranle, sinon jusqu'à maintenant, j'échappe au sentiment d'être un greffon que le grand corps parisien tente de rejeter.
*Stupéfaction de Nord-Américaine du jour: un livre que j'avais emporté avec moi au Québec a été rappelé par un autre usager la semaine dernière et depuis, la bibliothèque de l'ÉNS m'envoie un courriel quotidien pour exiger son retour. Je m'attendais à une amende pas possible (à McGill et à l'UdeM, si je me souviens bien, chaque jour de retard pour un livre réservé par quelqu'un d'autre coûte deux dollars). Mais non! La préposée m'assure qu'une petite semaine de retard, c'est rien du tout, que certains livres ne reviennent jamais, sinon avec un ou deux ans de retard parfois, alors...
(Mais s'il n'y a pas d'amende, pas étonnant que les livres ne reviennent pas, non??)
Après un mini souper avalé en vitesse (la balade au stand à journaux avait pris plus longtemps que prévu), j'ai décrété que c'était le temps d'y aller et j'ai appelé un taxi. Les adieux, à moitié dans le couloir de l'appartement, à moitié sur le trottoir pendant le chargement des valises, ont été intenses mais brefs. Avant que je ne m'en rende compte, c'était fait. Nous étions séparés de nouveau.
Deux coins de rues plus loin, sur la banquette de cuir noir, je me surprends à reprendre un accent franchouillard et je dois me concentrer pour parler vraiment québécois. Comme pour me distraire, le chauffeur - haïtien? - me pose des questions. Rien de trop personnel, il a bien saisi que le terrain est à éviter. Plutôt avions, voyages, Paris, transports. C'est efficace.
Tout s'est passé très vite et très aisément. L'aéroport était étonnamment calme et, du coup, le personnel détendu. Et moi aussi. J'aime me balader dans les boutiques d'aéroport, lire des jaquettes de livres de poche, feuilleter des magazines, tester des parfums, m'asseoir au bar avec vue sur la piste pour siroter un verre de vin trop cher en gossant sur mon ordinateur, pour une fois sans me sentir coupable.
Après avoir finalement récupérée ma grande valise, livrée sur le tapis du vol de Casablanca (!), c'est un Paris tout en fleurs et en feuilles que je retrouve. Il ne fait pas très chaud, à peine plus qu'à Montréal, mais c'est le printemps dans toute son abondance, lilas, tulipes et magnolias.
Je suis étonnée de l'aisance avec laquelle je renfile ma vie parisienne, comme le manteau de printemps qu'on ressort du placard après quelques mois de remisage et d'oubli. Il faut dire qu'il est plus agréable de rentrer un jour d'avril ensoleillé qu'un gris dimanche de janvier. J'ai l'impression d'être partie il y a des mois, mais les habitudes réembrayent d'elles-mêmes. La douche en gougounes, les toilettes partagées. Passage à la bibliothèque* puis à la poste, virée au Carrefour Market de la rue Monge, un extra en forme de crêpe de sarrasin sur la rue Mouffetard.
Le courriel de J m'ébranle, sinon jusqu'à maintenant, j'échappe au sentiment d'être un greffon que le grand corps parisien tente de rejeter.
*Stupéfaction de Nord-Américaine du jour: un livre que j'avais emporté avec moi au Québec a été rappelé par un autre usager la semaine dernière et depuis, la bibliothèque de l'ÉNS m'envoie un courriel quotidien pour exiger son retour. Je m'attendais à une amende pas possible (à McGill et à l'UdeM, si je me souviens bien, chaque jour de retard pour un livre réservé par quelqu'un d'autre coûte deux dollars). Mais non! La préposée m'assure qu'une petite semaine de retard, c'est rien du tout, que certains livres ne reviennent jamais, sinon avec un ou deux ans de retard parfois, alors...
(Mais s'il n'y a pas d'amende, pas étonnant que les livres ne reviennent pas, non??)
Des fraises en avril
Me voici de retour après l'intermède montréalais.
Au supermarché, j'ai été toute excitée - dans la mesure où j'arrive à être excitée un lendemain de vol transatlantique de nuit - de trouver des fraises françaises.
Mais celles-ci sont... espagnoles. Juste au-dessus de la caisse de GARIGUETTES DE FRANCE, comme le clamait fièrement l'affichette, se trouvait une plus petite caisse de fraises qui avaient pour elles 1- d'être bio et 2- d'avoir meilleure mine. Mais je n'avais pas vu la mention minuscule sur l'emballage: "origine: Espagne".
C'est qu'à ce que je sache, en France, les fraises espagnoles sont à l'agriculture ce que le plombier polonais est au prolétariat.
Oups.
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