La fin de semaine à Lausanne a été formidable, vraiment.
Le trajet du retour s'est déroulé sans anicroche.
N'empêche qu'après 4 heures sur le même siège de deuxième classe, j'étais fourbue, légèrement nauséeuse, les reins en compote. Sur le quai, dans la gare, les tunnels et les wagons de RER, les odeurs (J m'a fait remarquer que dans la paisible et très civilisée Lausanne, nulle odeur d'ammoniaque, même dans les racoins un peu sombres), la foule et sa brutalité toute parisienne ont été un choc.
Comme d'habitude après ce genre de trajet en autobus, en train ou en avion, je n'avais qu'une envie: rentrer. Être à la maison. J'anticipais déjà cette sensation de soulagement et de réconfort : home, sweet home.
Arrivée au 3e étage du 45 rue d'Ulm, en m'engageant dans le couloir de l'aile Rataud, ça m'a frappée. Je ne rentrais pas à la maison. Tout ce qui m'attendais au bout de ce couloir inhospitalier, avec son plafond suspendu aux trois quarts arraché, son éclairage glauque et ses portes bigarrées, c'était une chambre aux murs qui pèlent, 15 mètres carrés déjà étouffants quand j'y étais seule, et des aires communes malodorantes, sales, dysfonctionnelles.
Que ce soit bien clair: je suis bien consciente de ma chance d'être ici (logée gratuitement dans le 5e arrondissement, qui plus est!). Chaque jour, je prends le temps de la savourer. Je me suis déjà attachée à Paris beaucoup plus que je ne m'y attendais et Montréal ne me manque pas vraiment. Ce n'est même pas de notre appartement en particulier que je me languis. Je sais bien que je rentre dans trois semaines. Je m'en réjouis, mais je ne compte pas non plus les dodos.
Ce n'est pas de ça qu'il est question. Non, ce qui me manque, ici, c'est tout simplement le sentiment d'avoir un chez moi, un chez nous.
(Le tout pour vous dire qu'ici, je ne flotte pas en permanence sur un petit nuage rose et scintillant.)
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Et au cas où vous vous demandiez si je cuisine, ici, voici quelques images de la cuisine de notre couloir, pourtant nettoyée quotidiennement du lundi au vendredi (ces images ont été prises un mercredi matin - mmmm les bonnes pâtes de la veille!). Voilà qui devraient vous expliquer pourquoi la réponse est: à peu près pas. Imaginez de quoi ça a l'air le dimanche soir, quand la femme de ménage n'est pas passée depuis le vendredi...
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