Côté météo, c'est égal depuis mon arrivée: temps doux à mes yeux et froid pour les Français : il fait environ zéro degré, ciel couvert. La neige résiste, mais de peine, à la fonte.
À la bibliothèque, l’une de mes places préférées est libre: une table isolée, dans la salle très récente, celle avec la moquette violet, les colonnes de béton apparent et les chaises faux Philippe Stark. C'est là que je m'installe, tant pis pour les calorifères. Aujourd’hui comme hier, piètre concentration. Quand j’essaie d’écrire, mes idées se perdent. Quand j’essaie de lire, mes yeux passent sur des mots que je n’enregistre pas, que je n’analyse pas. J’écoute Satie un bout de temps, mais il me déprime. Je change pour des concertos de Vivaldi par Carmignola; c’est mieux.
Entre la bibliothèque et le café, je règle par téléphone le problème avec ma carte de Vélib’ (enfin, j’espère).
Au Starbucks de la place des Gobelins, Nina Simone chante Black is the Color of my True Love’s Hair. Nina Simone que j’écoutais aussi dans ma petite thurne, le soir de mon arrivée à Paris en septembre dernier. (Oui, je travaille parfois au Starbucks. À Paris. J’ai même eu une phase très Starbucks, en novembre dernier. J’y travaille plutôt bien, notamment parce que je peux y siroter une boisson chaude et caféinée. Il faut ce qu’il faut.) Je crois un moment que les deux filles assises à la table d’en face ont un accent québécois; puis non.
Je suis agacée par la rudesse avec laquelle une femme m’a demandé (imposé) de partager ma table au café, par la condescendance de l’employé de Vélib’, par la crise interminable qu’une dame très VIe arrondissement a pétée juste devant moi à la caisse du Monoprix, autour de ses droits et de respect des clients et tout et tout (pour une broutille, vraiment), retardant tous ceux qui la suivaient. Dans son énervement, elle a oublié sa carte bleue dans le lecteur. La caissière a couru derrière elle pour la lui rendre, sans la récompense d’un merci. Je suis agacée de devoir essuyer les sièges et/ou flusher avant de m’asseoir aux toilettes. Il y a des cons et des impolis partout, je sais bien. Mais ces jours-ci, les cons et les impolis français m’indisposent tout particulièrement.
Je suis agacée par la rudesse avec laquelle une femme m’a demandé (imposé) de partager ma table au café, par la condescendance de l’employé de Vélib’, par la crise interminable qu’une dame très VIe arrondissement a pétée juste devant moi à la caisse du Monoprix, autour de ses droits et de respect des clients et tout et tout (pour une broutille, vraiment), retardant tous ceux qui la suivaient. Dans son énervement, elle a oublié sa carte bleue dans le lecteur. La caissière a couru derrière elle pour la lui rendre, sans la récompense d’un merci. Je suis agacée de devoir essuyer les sièges et/ou flusher avant de m’asseoir aux toilettes. Il y a des cons et des impolis partout, je sais bien. Mais ces jours-ci, les cons et les impolis français m’indisposent tout particulièrement.
J’ai toujours pour résolution de réapprendre à aimer ma vie parisienne, mais ça devra probablement attendre que la fatigue du voyage et du décalage horaire se soit dissipée. Un jour par heure de décalage, c’est bien ça?
En soirée, je vais voir Un Prophète au Studio Galande. Le film est à l'affiche depuis plusieurs mois déjà, mais je n'étais pas trop tentée. J'ai fini par me laisser influencer par tous les commentaires élogieux de part et d'autre de l'Atlantique. Ils ont probablement raison, mais moi aussi: c'est excellent dans son genre, mais ce genre, très dur, n'est pas du tout ce que j'ai envie de voir ces temps-ci. Le film se clôt sur la chanson de Mac The Knife dans l'Opéra de Quat'sous.
Boulevard Saint-Germain, au coin de la rue Saint-Jacques, on a accroché des lumières de Noël bleues en forme de feu d'artifice qui s'illuminent du coeur vers l'extérieur pour imiter l'explosion. C'est charmant; je souris. Je me demande jusqu'à quand ils laisseront toutes ces lumières de Noël dans le Ve arrondissement. Longtemps, j'espère.
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