lundi 11 janvier 2010

Réapprendre Paris

Je tâche de remettre la machine en marche. Doucement.

D'abord, reprendre la routine. C'est pourquoi le marché hier, la course ce matin dans un Jardin du Luxembourg dont plusieurs sections étaient mystérieusement fermées (la faute à l'unique centimètre de neige au sol?), la matinée à la bibliothèque de l'ÉNS malgré la féroce envie de dormir. Dans la bibliothèque, il fait froid; je dois garder mon manteau d'hiver. J'ai par contre repéré des tables de travail sous lesquelles il y a des calorifères et je me promets bien de m'installer à l'une d'elles demain. On est nettement mieux à la belle bibliothèque de la Sorbonne, où je passe une partie de l'après-midi. L'horaire de la semaine se remplit peu à peu d'apéros avec les copines, d'une soirée au Club d'oenologie. J'irai au cinéma les autres soirs. Occuper les soirées, très important.

Le gratin de céléri-rave et courge butternut cuisiné à l'oeil, couvert du reste du gruyère d'alpages que nous avions rapporté de... Gruyères, est au four.

Cette semaine, je tâche de réapprendre le plaisir d'être ici.


La salle de lettres de la bibliothèque de l'ÉNS. 
Aujourd'hui, je travaillais dans une autre salle, très récente et au style très contemporain, mais je voulais vous montrer celle-ci. Et je n'ai pas de photo de l'autre.

Poser les valises

J'ai atteint le 3e Rataud à midi moins cinq, en retenant difficilement les larmes. Pas le temps de passer chez Franprix. Heureusement, il me restait un petit contenant de lait UHT pour le café du lendemain. J'ai foncé au marché, en bonne partie pour me réconforter. Les monsieurs des pommes y étaient. C'était bon d'être reconnue, saluée. Je n'étais jamais allée aussi tard au marché; les files étaient interminables. J'ai eu amplement le temps de manger une grosse Jonagored avant que mon tour arrive au mon stand de fruits et légumes bio que je préfère. J'ai pris les indispensables bananes, de quoi me faire des salades, des légumes pour une chaudrée de courge.

Ma grande casserole a disparu. Ma copine D, que j'avais invitée à se servir de mon modeste attirail de cuisine et de ma chambre pendant mon absence, se confond en excuses: elle se l'est fait voler, de même que son nouveau mélangeur et quelques aliments. Toujours aussi sympas, les Normaliens. Dommage pour ces potages que nous nous réjouissions tellement de nous préparer cet hiver. Il me faudra aussi racheter une casserole, qui sera nécessairement plus chère que la première, payée 8 euros (si je me souviens bien) dans un vide-grenier: ce n'est plus la saison des vide-greniers et je vais devoir investir dans du neuf. Tant pis.

Ce qui est particulièrement douloureux, ce sont les traces et les souvenirs de notre vie à deux ici: les tiroirs et les tablettes qu'il utilisait, maintenant vides; le futon acheté pour son séjour, que je n'ai plus besoin de déplier.

Après une sieste et un peu de lecture, j'arrivais à peu près à parler sans trémolos dans la voix. J'avais tout de même juste envie de me terrer, seule avec mon chagrin. D a bien fait de m'inciter à sortir. Grâce à elle et au petit italien du coin, j'ai tout de même passé une bonne soirée.

dimanche 10 janvier 2010

De retour

Je suis repartie; seule.

À l’aéroport, une fois les bagages enregistrés, nous avons pris un verre. Le vin passait mal, après les excès de la veille. Que dire, pendant ces dernières minutes que nous passons ensemble? À peu près tout semble banal et je tais le reste pour ne pas faire sauter la borne-fontaine.

Au moment de passer en zone internationale, nous nous sommes embrassés encore plus fort que la dernière fois. J’ai pleuré encore plus fort que la dernière fois.

Je me sens vide, drainée par les larmes. Je tire de mon sac L’Almanach des exils, un achat impulsif fait mercredi dernier. En ressortant du Renaud-Bray de l’avenue du Parc, je l’ai trouvé sans l’avoir cherché; j’ai été charmée par la couverture, puis par le principe.  Avec lui, j’emporte un peu de Montréal  avec moi. Et puis il me donne le goût d’écrire.

Avant même le décollage, je gâche mon souper avec le muffin son bleuets framboises acheté chez Java U. Je n’ai pas pu résister à l’envie de me payer un dernier vrai muffin avant le départ, mais il me déçoit : il est trop sucré, il goûte le gâteau – précisément ce que je reproche aux muffins parisiens – et après coup, il me donne mal au ventre.

Je me sens encore moins sociable qu’à l’habitude (c’est tout dire). Le pauvre garçon d’Ottawa que j’ai pour voisin tente à trois reprises d’engager la conversation. Mes réponses laconiques et mon regard fuyant finissent par l’en décourager. Sa bonne tête d’anglo, sa bonne humeur type moniteur de camp de vacances et sa chemise turquoise m’irritent. (À l’atterrissage, d'ailleurs, il ne se retournera pas vers moi, ne me souhaitera pas bon séjour, et ce sera très bien ainsi.)

On nous annonce que le trajet durera deux heures de plus que prévu. Mauvais temps quelque part? Je crains de ne pas arriver à temps pour passer au supermarché avant midi, l’heure de fermeture dominicale des commerces alimentaires. Les vendeurs de pommes chez qui je me procurais mon sac hebdomadaire de Jonagored en automne seront-ils toujours au marché de la place Monge?

Ce qui me manque déjà (à part mon Amour) : les crochets derrière les portes des toilettes publiques, la musique dans les cafés et les restos, la lumière dure des matins de froid, la lumière douce des matins de neige, la chaleur dans le métro quand il fait froid dehors, notre salle de bain, notre sofa, notre cuisine, le lit recouvert de la catalogne offerte par Maman et qu’elle m’avait emmenée choisir chez la mamie qui l’a tissée, à Courcelles. 

Sur le sol d’Île-de-France, il y a un peu de neige accumulée dans les herbages. On dirait les traces d’un grand dégât de sucre balayé à la hâte. 

Retour à ma vie parisienne.  Le bon côté : cette fois, je n’ai pas à m’adapter, à m’installer, à créer de nouveaux repères. Le moins bon : je n’ai pas droit à l’excitation d’une nouvelle expérience pour calmer le déchirement au cœur.




dimanche 13 décembre 2009

Trois jours en Val de Loire II: de Sancerre à Saumur

Nous voici de nouveau à Paris, après quatre jours à Barcelone, pour célébrer les trente ans de J. Après le pénible retour de Lausanne il y a deux semaines et après nous être gavés de soleil pendant ces quatre jours en Espagne, j'appréhendais ce nouveau retour dans mon non-chez-moi parisien. La soirée au club d'oenologie qui m'attendait un petit quart d'heure après avoir posé les valises a certainement facilité la transition, mais peu importe. L'essentiel est que la transition a été à peu près sans douleur.

J'ai donc maintenant trois voyages de retard sur ce blogue, misère!

Vite, je me replonge dans notre charmante fin de semaine en Val de Loire, dans l'espoir un brin utopique d'être à jour d'ici notre départ pour Montréal, dans très exactement quatre dodos (!).

Second matin; dimanche. Après le copieux petit déjeuner servi dans le gîte où nous avions retenu une chambre (si vous allez sur le site, nous avions la chambre Bottanica [sic]), promenade dans la ville - le village, plutôt. Ils ont eu la bonne idée de peindre sur les pavés une ligne rouge qui permet au visiteur muni de la carte explicative (fournie au bureau de tourisme) de faire sa propre visite guidée, à son rythme. Sympa.








Je ne sais pas trop comment écrire ceci sans être quétaine et tomber dans le cliché, mais voilà: on aura beau lire tous les livres sur le vin, connaître les cartes, rien ne remplace être sur place. J'aimais déjà les vins de Sancerre; dorénavant, ils auront aussi le goût, les arômes de ce petit bourg haut perché avec son château et son coeur médiéval tout entortillé entre les remparts, de ces côteaux de vignes et des routes qui les serpentent.





Nous avons dit un dernier aurevoir à Sancerre et avons pris la route du fameux château de Chenonceau. Enfin, un château dans lequel nous sommes entrés!


Des ooooh! et des aaah! à chaque pièce.

Détail du plancher de tuiles peintes.

Détail d'une armoire - j'ai oublié de quel siècle, mais je dirais Renaissance.


Comme plusieurs monuments que nous avons visités cet automne, le château était partiellement enveloppé pour réparations. Toujours un peu frustrant.

Sur ce qui a d'abord été un pont, une salle de bal toute en longueur

Toutes les pièces du château nous ont impressionnés, mais la partie qui nous a rendus fous est sans contredit les cuisines. La pièce dédiée à la boucherie en partiulier, avec ses couteaux, ses crochets et son grand comptoir de bois, m'a retenue un bon quart d'heure. J'ai beau avoir peu d'intérêt gustatif pour la viande, la boucherie a le don d'exciter mes gènes de chasseur (ah, les étals du boucher, le dimanche matin, au marché de la place Monge! Cuisse de sanglier à la encore pwèlue! Lapin tout juste mort! Volailles avec leurs ailes intactes, les plumes pis toutte! Sans parler des charcuteries, surtout le saucisson en tire-bouchon - mais c'est une autre histoire).
Regardez-moi ce comptoir de boucher!


Le mécanisme du tournebroche (début XXe siècle, faut pas se leurrer).

Je n'oublie quand même pas la pâtisserie.


Julien dans le labyrinthe (pas évident à photographier).

Un petit pont-levis dans l'un des jardins


Aurevoir, Chenonceaux.

Nous avons atteint Saumur après le coucher du soleil. À l''Hôtel de Londres, où nous avions réservé une chambre, l'accueil a été charmant. Selon un article de journal affiché dans le lobby, à la Belle Époque, l'endroit était le plus chic hôtel de la ville, avant d'être très abîmé pendant la Grande guerre, pendant laquelle il a servi d'hôpital militaire. Le couple professionnel et sympathique qui le dirige aujourd'hui l'a rénové et même s'ils sont affiliés à une chaîne, l'hôtel a échappé à l'uniformisation. L'établissement a du caractère, les chambres sont apparemment distinctes et la notre était assez mignonne.  À notre arrivée, le gentil monsieur nous annoncé que puisqu'il n'y avait pas grand monde ce soir-là, il nous surclassait! Après une heure d'exploration ethnologique télévisuelle, nous nous sommes mis en quête d'un dîner, suivant les suggestions et les indications courtoisement données par le monsieur.  Au Grand Bleu, le décor n'était pas sans rappeler celui du Miami Deli, en plus mythologique. Qu'à cela ne tienne, nous nous sommes (encore une fois) régalés de spécialités locales (ce qui est aussi le cas au Miami Deli, quand on y pense bien): potage de champignons pour Julien (70% de la production française de champignons de Paris vient effectivement... de la région de Saumur) et mousseux Gratien Meyer Cuvée Flamme pour moi, puis vin blanc de Saumur et très bons plats de poissons - parole de fille qui adore le poisson mais pas au resto parce que c'est généralement trop cuit.

Une bien chouette journée, ça.


lundi 30 novembre 2009

Trois jours en Val de Loire I: de Paris à Sancerre

Retour en images et en quelques mots sur notre longue fin de semaine dans le Val de Loire au début du mois de novembre.

L'idée de base: quitter Paris, voir un peu de pays. Le Val de Loire, avec ses fameux châteaux, situé juste au sud de Paris, était parfait. Que la région comprenne Sancerre, l'une de mes appellations vinicoles préférées, n'était pas pour nuire.

Nous avons quitté la grande ville un samedi matin, avec J au volant de notre Opel Corsa noire de location et moi en préposée à la distribution de pain d'épices tartiné de beurre de pinottes (il y a eu moult miettes et taches de gras sur mes vêtements).


Nous avons rapidement abandonné l'autoroute pour les routes départementales (les D machin, sur la carte), qui sillonnent la campagne et traversent le coeur médiéval des villages.

Premier arrêt : Étampes - moins pour son patrimoine bâti que pour une pause pipi. C'était jour de marché, il y avait foule dans le bar-tabac très vieille France (j'adore quand la réalité dépasse les clichés) où nous a conduits notre quête. Nous avons profité du marché pour faire provision de pommes (farineuses, décevantes) et des figues (savoureuses --  fraîches ou séchées, les figues d'ici sont de loin supérieures à celles qu'on trouve au Québec).



Deuxième arrêt, imprévu celui-là aussi: Courcelles! Quand j'ai vu sur la carte un petit point à peine en retrait de notre route et qui portait le même nom que le village où enseigne ma maman, il a bien sûr fallu que j'aille prendre quelques photos.

Aussi petit que son homonyme québécois, le patelin était désert. Nous n'y avons vu personne, à part l'homme qui a ouvert ses volet pour me demander abruptement ce que j'avais à photographier sa porte. Comme bien souvent depuis mon arrivée en France, accent québécois, sourire et naïveté feinte m'ont été utiles.






Nous avons eu un peu de mal avec la signalisation française, qui déroute (c'est le cas de le dire) l'esprit nord-américain. Un exemple: chez nous, pour indiquer qu'il faut aller tout droit pour se rendre à Bled, la flèche du panneau pointerait vers le haut. Pas ici. La plupart du temps, cette indication est donnée par une flèche oblique vers le bas. L'idée est quelque chose comme: passe sur le point que je t'indique, pis suit l'asphalte. Suis-je claire? En tout cas, ça nous a valu quelques tours supplémentaires de ronds-points. Et quelques erreurs d'aiguillage.

La pause suivante a été commandée par notre estomac. Sully-sur-Loire: enfin la Loire! enfin un château! Nous n'en avons pas visité l'intérieur, mais après le repas, j'ai photographié l'extérieur sous tous les angles. J a eu une patience d'ange toute la fin de semaine avec sa Miss Nikon de fiancée.

 Euh oui, j'ai aussi photographié le château pendant le repas.


J'ai accroché le déclencheur. Le pire, c'est que c'est probablement ma photo préférée de ce voyage.


Étape obligatoire à Gien, pour lequel J a un intérêt phonético-familial: petit, son frère François prononçait son prénom "J'ien".

J'ien à Gien


Gien est réputé pour sa porcelaine. Nous nous sommes arrêtés au musée-boutique, tout prêts à investir dans la spécialité locale, mais le style des pièces, que je qualifierais poliment de surrané, nous en a découragés.

À la sortie de Gien, le soleil a paru sous l'averse; la lumière était fabuleuse.

Nous avons atteint Sancerre en fin d'après-midi. Alors que jusqu'à Gien, le paysage était tout à fait plat, le Sancerrois est beaucoup plus accidenté. Le village de Sancerre coiffe une colline abrupte entourée de vignobles des appellations Sancerre et Pouilly-Fumé. Au fond de la vallée, le village minuscule de Chavignol.

Depuis mon arrivée à Paris, je ne passe pas une semaine sans crottin de Chavignol. Quand j'ai découvert que Sancerre et Chavignol étaient voisins, j'ai cru que c'était Noël. Et au bistro ce soir-là, avec mon crumble de chèvre chaud et tomates accompagné de vin de Sancerre, c'était Noël. J lui aussi parle encore avec émotion de la salade de chèvre chaud du Bistro des Damnés.

J'allais oublier: nous avons bien sûr fait provision de vin et de fromage locaux qui ont prolongé le plaisir bien après notre retour. 

La suite dans un prochain billet...

mardi 24 novembre 2009

Not home. Not sweet.

La fin de semaine à Lausanne a été formidable, vraiment.

Le trajet du retour s'est déroulé sans anicroche.

N'empêche qu'après 4 heures sur le même siège de deuxième classe, j'étais fourbue, légèrement nauséeuse, les reins en compote.  Sur le quai, dans la gare, les tunnels et les wagons de RER, les odeurs (J m'a fait remarquer que dans la paisible et très civilisée Lausanne, nulle odeur d'ammoniaque, même dans les racoins un peu sombres), la foule et sa brutalité toute parisienne ont été un choc.

Comme d'habitude après ce genre de trajet en autobus, en train ou en avion, je n'avais qu'une envie: rentrer. Être à la maison. J'anticipais déjà cette sensation de soulagement et de réconfort : home, sweet home.

Arrivée au 3e étage du 45 rue d'Ulm, en m'engageant dans le couloir de l'aile Rataud, ça m'a frappée. Je ne rentrais pas à la maison. Tout ce qui m'attendais au bout de ce couloir inhospitalier, avec son plafond suspendu aux trois quarts arraché, son éclairage glauque et ses portes bigarrées, c'était une chambre aux murs qui pèlent, 15 mètres carrés déjà étouffants quand j'y étais seule, et des aires communes malodorantes,  sales, dysfonctionnelles.

Que ce soit bien clair: je suis bien consciente de ma chance d'être ici (logée gratuitement dans le 5e arrondissement, qui plus est!). Chaque jour, je prends le temps de la savourer. Je me suis déjà attachée à Paris beaucoup plus que je ne m'y attendais et Montréal ne me manque pas vraiment. Ce n'est même pas de notre appartement en particulier que je me languis. Je sais bien que je rentre dans trois semaines. Je m'en réjouis, mais je ne compte pas non plus les dodos.

Ce n'est pas de ça qu'il est question. Non, ce qui me manque, ici, c'est tout simplement le sentiment d'avoir un chez moi, un chez nous.


(Le tout pour vous dire qu'ici, je ne flotte pas en permanence sur un petit nuage rose et scintillant.)


*****


Et au cas où vous vous demandiez si je cuisine, ici, voici quelques images de la cuisine de notre couloir, pourtant nettoyée quotidiennement du lundi au vendredi (ces images ont été prises un mercredi matin - mmmm les bonnes pâtes de la veille!). Voilà qui devraient vous expliquer pourquoi la réponse est: à peu près pas. Imaginez de quoi ça a l'air le dimanche soir, quand la femme de ménage n'est pas passée depuis le vendredi...


dimanche 15 novembre 2009

Depuis le 17 octobre


L’ironie avec ce blogue, c’est que plus les semaines sont remplies et moins j’ai le temps (et peut-être aussi l’envie) de m’arrêter pour les raconter. Et depuis maintenant quatre semaines que J est arrivé, c’est un vrai tourbillon! On ne voit pas le temps passer. Quand nous avons – exceptionnellement! – une soirée libre, nous trouvons généralement tout juste l’énergie de regarder un film téléchargé sur iTunes, bien écrasés sur le lit.

Mais par ailleurs, depuis quatre semaines qu’il est arrivé

nous avons suivi (nous suivons) des cours de valse viennoise (oui oui, pour de vrai! comme dans Sissi!)
nous avons dîner (soupé – en tout cas, vous comprenez) dans un bistro sans carte : on vous sert ce que le chef a concocté pour tous, comme quand chez des amis – et c'est chaleureux, délicieux
nous avons constaté que le Centre Pompidou est fermé le mardi
nous nous sommes baladés à quelques reprises dans le Marais, avons visité une partie du musée Carnavalet
nous avons dégusté des vins du Jurançon, deux secs et trois moelleux mais pas écœurants du tout, avec une belle acidité et une pointe de minéralité qui équilibraient l’ensemble
nous avons arpenté le Quartier latin, la Butte-aux-Cailles et un peu Saint-Germain aussi, souvent le nez en l’air pour mieux s’émerveiller de la beauté des édifices
nous avons fait un tour de genre de bateau mouche mais en plus sympa, un après-midi plein de soleil (d'où ces photos)
nous avons reçu deux morceaux sur trois de notre futon acheté par internet chez Ikea et au lieu du troisième paquet, la boîte 2 de 2 du lit de quelqu’un d’autre, avons galéré au téléphone pour obtenir l’échange des colis une semaine plus tard, avons finalement reçu le bon modèle mais version défectueuse, avons contacté le service des travaux de l’ÉNS pour qu’ils nous aident à percer les trous manquants dans la structure de métal
nous dormons enfin, depuis deux semaines, sur le futon
nous râlons désormais en chœur au sujet de la saleté de la cuisine commune, des toilettes et des douches
nous nous sommes embrassés sur le point zéro des routes de France et sous le pont Marie (entre autres)
nous avons bu du Château Bourdieu et du Château Foucaud dans la même semaine
nous avons passé d’agréables soirées avec des amis à moi, à lui
nous avons accepté une invitation à dîner du philosophe-défroqué-caviste-poète (et quelle soirée! une dizaine de commensaux de 20 à 60 ans, des littéraires, des scientifiques, des du milieu de la photo et du cinéma, plus de bouteilles que d’invités, quatre entrées, une énorme marmite de bœuf bourguignon, du bleu d’Auvergne apporté par nous, des macarons, Gainsbourg, Grappelli, Clapton…)
nous avons fait la vaisselle en chantant « Dans mon corps de jeune fiiiiille »
nous rigolons de la manie française d’intégrer (avec en général assez peu de bonheur) de l’anglais partout pour faire chic et branché
nous planifions une fin de semaine à Lausanne, soit la semaine prochaine ou la suivante
nous avons vu Le Petit Nicolas (très chouette), Lucky Luke (quelques bonnes blagues, mais Lucky Luke qui fait une crise existentielle, non mais!!) et Good Morning England au cinéma, et nous avons assisté à l’avant-première d’In The Loop, une comédie politique de style faux documentaire très réussie (à mon avis)
nous avons commencé une liste de tout ce que nous voulons faire à Paris d’ici le 17 décembre et il n’y a aucune chance que nous en venions à bout
nous avons goûté un baba au rhum dé-li-rant de chez Storher, dont le fondateur a inventé ce dessert qui est peut-être mon préféré (ok, très honnêtement, je ne saurais pas dire lequel je préfère entre le leur, tellement fondant et dégoulinant de sirop de rhum. et celui de la famille de J, avec sa petite croûte de sucre irrésistible)
nous sommes allés à la Comédie française voir L’Avare de Molière (Denis Podalydès, remarquable Harpagon), dans une mise en scène reposante de non-inventivité classicisme
nous avons aussi vu cette pièce (superbe scéno, bon jeu d’acteurs, trame sonore judicieusement omniprésente, mais le texte bof bof) et ce spectacle de danse (quelques très beaux numéros, mais les parties parlées nous ont agacés), avons pris des billets aussi pour celle-ci à la fin novembre et celle-là au début décembre
nous nous sommes étourdis d'art contemporain à la foire SLICK et y sommes tombés amoureux des Chantiers de Patrick Bastardoz
nous avons joggé trois ou quatre fois ensemble, ce que nous n’avions jamais fait auparavant
nous comparons les mérites des différentes boulangeries des alentours, particulièrement en matière de baguette tradition, croissants et pains au chocolat
évidemment, j'en oublie et j'en passe

et c'est sans parler de notre petit voyage dans le Val de Loire la fin de semaine dernière… à venir dans un prochain billet. Au moins les photos, en tout cas!