mardi 13 octobre 2009
Suite de la visite guidée: la cour aux Ernest
Des photos prises... le même dimanche que celles du Jardin du Luxembourg! Hum hum... Depuis ce temps - il y a quoi, un mois, presque? - il y a un peu moins de roses et les feuilles commencent à brunir, mais j'aime toujours aller y lire en fin de journée, quand il ne fait pas trop frais. Ça change de la bibliothèque et de la thurne (terme de jargon normalien pour "chambre"). Parlant de jargon normalien, les Ernest, comme dans "cour aux Ernest", sont les poissons rouges qui vivent dans le bassin.
jeudi 8 octobre 2009
J'ai mes raisons
C’est par hasard que je suis entrée chez ce caviste-ci de la rue Mouffetard plutôt que chez celui d’en face, le lendemain de mon arrivée, en prévision d’un souper chez Mounia. Et j’y suis toujours retournée, même si sa boutique est la plus petite des deux, même s’il fait partie d’une chaîne et l’autre pas. Parce que l’ancien prof de philo a toujours le bouquin à la main ou sur le coin du comptoir, qu’il me salue quand je passe devant sa porte, me fait le baisemain ou me remercie de mon sourire quand j’entre chez lui, qu’il aime visiblement parler vin, qu’une fois sur deux il a un ou deux de ses trois enfants dans les pattes, qu’il m’offre de mettre la bouteille élue à refroidir et de repasser le prendre plus tard, qu’il écrit de la poésie, qu’il m’invite avec mon amoureux à aller prendre l’apéro en fin de shift un de ces vendredis ou samedis pour faire connaissance. (Bon, d’accord, il ne dit pas shift). Un caviste parisien un peu cliché, la gentillesse en plus, un caviste comme on les rêve de loin, au pays du vin surtaxé et monopolisé par l’État. Et c’est pour ça que je lui suis fidèle.
dimanche 4 octobre 2009
Un mois plus tard...
Je ne m’emmêle plus trop dans les rues du quartier. Je ne m’emmêlerais probablement plus du tout si je ne m'entêtais pas à emprunter le plus de trajets différents possible, mais c’est un des grands petits plaisirs d’être ici.
J’ai un compte bancaire, un chéquier et une carte bleue français et, depuis vendredi, j’ai mon propre frigo (fini le frigo partagé à 50! à moi les fromages fin, le confit de canard et les yaourts à la vanille!). Il ne paie pas de mine, mais il fonctionne bien, et le mec qui me l’a vendu l’a héroïquement trimbalé jusqu’à ma chambre.
J'ai mes cafés-bars-bistrots de prédilection : le Café de la Nouvelle Mairie (pour ma noisette post-lunch quasi quotidienne), la Montagne Sans Geneviève, le Verre à Pied et le Café Léa (d’où j’écris ceci).
J commence à me manquer sérieusement. Heureusement, il arrive dans 13 dodos.
Mon corps a à peu près intégré à mes nouveaux parcours de course et je tiens ma fréquence et mes distances montréalaises. J’en suis très contente.
Mon corps a à peu près intégré à mes nouveaux parcours de course et je tiens ma fréquence et mes distances montréalaises. J’en suis très contente.
J’ai toujours l’impression d’avoir été amputée de notre cuisine super équipée et si familière. Amputée, mais aussi un peu libérée. Et le plaisir de la retrouver en décembre n’en sera que plus grand.
Rayon vestimentaire, j’ai acheté une robe et une veste chez Antoine et Lili, un petit tricot noir à boutons chez Gap (purement utilitaire) et un chouette chandail de laine bleu chez Sinéquanone. J’ai été plutôt sage, non?
Je n’ai pas trouvé de studio de yoga pas trop éloigné, pas trop cher et pas trop mystique. Et le yoga dans ma chambre, beurk.
Le yoga me manque.
Malgré au moins dix onctions quotidiennes de crème hydratante, la peau de mes mains est sèche au point d’être douloureuse, probablement à cause du savon à mains (du décapant, plutôt) des toilettes de l’ÉNS.
Je suis dégoûtée par le nombre de personnes qui ne se lavent pas les mains après être allées aux toilettes. Je préfère quand même avoir les mains sèches. Et je me réjouis qu'ici, on se fasse surtout la bise.
Je n’ai toujours pas ma carte de séjour, et ça commence à m’inquiéter un brin malgré ce qu’en dit le responsable de ces démarches à l’École.
Je n’ai pas pris l’accent français – enfin, je ne pense pas. Par contre, j'avoue atténuer mon accent québécois et tâcher d’adopter les tournures locales quand je parle à des Français.
Montréal me semble très, très loin. Et à vrai dire, ne manque pas (encore) vraiment. Après 9 ans dans cette ville, il était temps que je change d'air.
Ma consommation de vin a nettement augmenté. Comment résister?
Devoir m'habiller au milieu de la nuit et parcourir trente mètres de couloir pour aller aux toilettes m’énerve toujours autant.
Je suis moins couche-tôt-lève-tôt qu’à Montréal. Puisque psychologiquement, je n’arrive pas à travailler après 19h, c’est ma journée de travail qui écope.
Je n’ai toujours pas recommencé à me ronger les ongles. (Braaava!)
Je me suis remise à mâcher de la gomme, et un peu trop souvent.
Je commence à bien m’enticher de cette ville.
lundi 28 septembre 2009
Notes à moi-même (un état mental récurrent)
Les ti-punchs de la Taverne de la Butte
Le Carrefour Market de la rue Monge est ouvert du lundi au samedi de 8h30 à 22h, mais pas le dimanche. Le Franprix le plus au sud de la rue Mouffetard, en revanche, est ouvert le dimanche.
La banque est fermée le lundi, mais ouverte le samedi.
Je peux emprunter vingt bouquins à la fois à l’ÉNS, six à la Sorbonne. Rapporter mes bouquins à la Sorbonne le 21 octobre.
Retourner sur la Butte-Aux-Cailles. Retourner notamment à la Taverne de la Butte boire des ti-punchs. Juste à côté, il y a un restaurant qui s’appelle Les pissenlits par la racine et il a l’air très chouette. À essayer aussi : le libanais et le Café de la Nouvelle Mairie sur la rue de l’Estrapade, Le Resto sur la rue Tournefort, Papavero sur la rue des Patriarches, l’italien de la rue Claude-Bernard, Les Papilles sur Gay-Lussac.
M’informer des expositions de photographie en cours. Voir celle sur les quais de la Seine, notamment.
La petite boulangerie de la rue Saint-Jacques, entre des Ursulines et l’Abbé-de-l’Épée, est ouverte le dimanche. Les boulangeries d’Éric Kayser aussi.
Acheter d’autres romans sur la Première Guerre mondiale : Chevallier, Dorgelès, Romains. Et un folio usagé du Temps retrouvé, pour barbouiller dedans.
Le nom et le tracé des petites rues du voisinage : rue Lhomond, rue du Pot-de-fer, rue Érasme, passage des Postes, rue de l’Arbalète, rue des Patriarches, rue Gracieuse, rue Descartes, rue Rollin, rue de Blainville, rue de la Contrescarpe, rue Tournefort, rue Clothilde, rue Clotaire, rue Rataud, rue de Vauquelin, rue Ortolan, rue Brossolette, rue Laromiguière, rue des Irlandais, rue Thouin, rue Cardinal-Lemoine, rue Thuillier, rue des Ursulines, rue Pierre et Marie Curie, rue des Fossés-Saint-Jacques, rue Gay-Lussac, rue Saint-Jacques, rue des Feullantines, square Vermenouze, rue Lagarde, rue Clovis, rue Pestalozzi, rue Daubenton, rue de l’Épée de Bois…
Le verre de vin à 30 centimes à la K-fêt, eh bien, il vaut 30 centimes.
Entre l’ÉNS et le Jardin du Luxembourg, il y a 600 mètres à parcourir; le périmètre du jardin fait un peu moins de 2 kilomètres (1960 mètres, si je me souviens bien).
Descartes a vécu et Maisonneuve a été inhumé sur la petite rue Rollin, celle qui donne sur la place aux escaliers fleuris, juste au sud du Carrefour Market et du Naturalia de la rue Monge.
Paris compte 5665 rues, selon le chauffeur de taxi qui m’a ramenée de chez de É et B la semaine dernière.
Le film du Petit Nicolas sort ce mercredi.
Pour la compote, acheter des pommes Delbar. Pour croquer, des Jonared.
Pour la compote, acheter des pommes Delbar. Pour croquer, des Jonared.
Il faut conserver son billet de RER pendant le trajet pour le passer de nouveau au tourniquet de sortie.
Demain, récupérer ma carte bleue à la banque, et me faire expliquer comment rédiger des chèques français.
lundi 21 septembre 2009
Pèlerinage boulanger
Mardi dernier, jour sans course à pied et matin sans pain, j’en ai profité pour me rendre à cette boulangerie qui est peut-être la plus célèbre au monde : chez Poilâne. Tellement célèbre, mythique, même, que le café Holt Renfrew fait livrer quotidiennement leur pain pour faire ses tartines. Pour de vrai.
En totale groupie et maniaque de boulange que je suis, j’ai photographié la boulangerie et le quart de miche – la miche entière fait environ 35 cm de diamètre (promis juré, je n'exagère pas) – que j’ai acheté.
Je retournerai certainement chez Poilâne pour essayer leurs autres pains que cette miche signature, notamment ce pain aux noix goûté il y a cinq ans. Ne serait-ce que pour mettre le souvenir (excellent) à l’épreuve.
vendredi 18 septembre 2009
Couleur locale (jour 17)
Séjourner ici colore agréablement mes lectures théoriques du jour (à moins que ce ne soit la lecture qui colore mon séjour?) :
"Je me rappelle (c'est un de mes plus anciens souvenirs) que devant notre maison, rue Gay-Lussac, sur l'emplacement actuel de l'Institut océanographique, il y avait, en bordure d'un couvent, un petit hôtel, où étaient descendus des Russes. On les voyait en bonnet de fourrure et touloupe, assis devant la porte, on voyait leurs femmes et leurs enfants. Peut-être, malgré l'étrangeté de leurs costumes et de leurs types, ne les aurais-je pas considérés si longtemps, si je n'avais pas remarqué que les passants s'arrêtaient et que mes parents eux-mêmes venaient sur le balcon pour les regarder. C'étaient des habitants de la Sibérie, qui avaient été mordus par des loups enragés, et qui s'installaient quelque temps à Paris, à proximité de la rue d'Ulm et de l'École Normale, pour être soignés par Pasteur. J'entendais ce nom pour la première fois, et pour la première fois aussi je me représentais qu'il existait des savants qui faisaient des découvertes."
Maurice Halbwachs, La Mémoire collective, 1950.
"Je me rappelle (c'est un de mes plus anciens souvenirs) que devant notre maison, rue Gay-Lussac, sur l'emplacement actuel de l'Institut océanographique, il y avait, en bordure d'un couvent, un petit hôtel, où étaient descendus des Russes. On les voyait en bonnet de fourrure et touloupe, assis devant la porte, on voyait leurs femmes et leurs enfants. Peut-être, malgré l'étrangeté de leurs costumes et de leurs types, ne les aurais-je pas considérés si longtemps, si je n'avais pas remarqué que les passants s'arrêtaient et que mes parents eux-mêmes venaient sur le balcon pour les regarder. C'étaient des habitants de la Sibérie, qui avaient été mordus par des loups enragés, et qui s'installaient quelque temps à Paris, à proximité de la rue d'Ulm et de l'École Normale, pour être soignés par Pasteur. J'entendais ce nom pour la première fois, et pour la première fois aussi je me représentais qu'il existait des savants qui faisaient des découvertes."
Maurice Halbwachs, La Mémoire collective, 1950.
mardi 15 septembre 2009
Jour 14
Hum, un billet par semaine? C’est bien moins que ce que je comptais vous offrir, mais il faut avouer que je fuis cette chambre qui n’est pas si mal, d’accord, mais quand même tristounette, surtout le soir venu.
Même à Montréal, j’ai toujours eu un peu de mal avec les soirées passées seule à la maison. Le vague à l’âme n’est jamais loin (quoique conjurable à coups de film de fille, vin ou cocktail et bonne bouffe, mais l’antidote, pour efficace qu’il soit, indique l’empoisonnement préalable).
Du coup, depuis mon arrivée, je m’arrange pour m’éloigner du « 3e Rataud » (le couloir où se trouve ma chambre, c’est-à-dire au 3e étage de l’édifice qui longe la rue Rataud), le soir venu. Je sors avec les copines ou quelques autres pensionnaires étrangers rencontrés la semaine dernière.
Ou je vais au cinéma.
J’ai un faible pour ces cinémas minuscules semés dans le 5e arrondissement. Leurs projecteurs fonctionnent mal, leurs sièges sont inconfortables, mais quel charme. En particulier le Studio des Ursulines, petite maison crème à un étage, volets bleus et lierre, coincée entre deux édifices haussmanniens. J’y ai vu Sita Sings the Blues, que j’avais manqué au FNC l’an dernier, avant-hier.
J’adore faire la file à l’extérieur quand file il y a – ou, mieux, arriver à la dernière minute, le cœur battant, tendre ma carte de l’ÉNS en réclamant le tarif réduit, descendre vers la petite salle comme on commettait les péchés, me caler dans un siège juste à temps pour la projection, et voir un film qui ne me prend pas trop la tête, surtout après une journée de boulot.
Mais ce soir, pas de cinéma. Pas de sortie avec les copines non plus. J’ai un blogue à alimenter (au moins minimalement), moi.
(Quoique pour être totalement honnête, je dois dire que j’ai d’abord rédigé ceci dans un bar-café-bistrot dont je suis en voie de devenir une habituée : La Montagne Sans Geneviève, rue du Pot-de-Fer. Pas touristique, pas bondé, pas trop cher, tout près de l’ÉNS, ambiance sympa et faune plus ou moins de mon âge si on évite l’heure de la fin des classes du lycée voisin. J’aime.)
***
Dimanche matin, après une visite au marché de la place Monge, j’ai profité du beau temps pour aller arpenter ce Jardin du Luxembourg et prendre quelques photos. J’y étais déjà allée quelques fois depuis mon arrivée, mais toujours pour courir, c’est-à-dire toujours en accéléré, dans un état de conscience altérée et en parcourant sa périphérie seulement, question de faire de beaux grands tours.
Le palais du Luxembourg, siège du Sénat français.
La fontaine de Médicis; un endroit privilégié pour roucouler entre amoureux, selon mon Routard.
L'écorce des platanes qui entourent la fontaine tend à confirmer la légende routardienne.
Avec la photo touristique, la course à pied et le flottage de petits voiliers sur le bassin, la lecture est en bonne position au palmarès des activités hortoluxembourgeoises. Sans oublier le promenage de chiens.
Tiens, parlant de coureurs... les matins où je cours, j'emprunte le même parcours qu'eux, sous les regards blasés des gardiens de sécurité. Sur la seconde photo, le t-shirt le plus courant de Paris (quoique vu plus souvent dans sa version blanche que noire), ce bon vieux I*heart*NY.
Au fond, la façade du Panthéon (au flanc duquel mène d'ailleurs la rue d'Ulm, "ma" rue).
Le vestiaire des pétanqueurs.
Même à Montréal, j’ai toujours eu un peu de mal avec les soirées passées seule à la maison. Le vague à l’âme n’est jamais loin (quoique conjurable à coups de film de fille, vin ou cocktail et bonne bouffe, mais l’antidote, pour efficace qu’il soit, indique l’empoisonnement préalable).
Du coup, depuis mon arrivée, je m’arrange pour m’éloigner du « 3e Rataud » (le couloir où se trouve ma chambre, c’est-à-dire au 3e étage de l’édifice qui longe la rue Rataud), le soir venu. Je sors avec les copines ou quelques autres pensionnaires étrangers rencontrés la semaine dernière.
Ou je vais au cinéma.
J’ai un faible pour ces cinémas minuscules semés dans le 5e arrondissement. Leurs projecteurs fonctionnent mal, leurs sièges sont inconfortables, mais quel charme. En particulier le Studio des Ursulines, petite maison crème à un étage, volets bleus et lierre, coincée entre deux édifices haussmanniens. J’y ai vu Sita Sings the Blues, que j’avais manqué au FNC l’an dernier, avant-hier.
J’adore faire la file à l’extérieur quand file il y a – ou, mieux, arriver à la dernière minute, le cœur battant, tendre ma carte de l’ÉNS en réclamant le tarif réduit, descendre vers la petite salle comme on commettait les péchés, me caler dans un siège juste à temps pour la projection, et voir un film qui ne me prend pas trop la tête, surtout après une journée de boulot.
Mais ce soir, pas de cinéma. Pas de sortie avec les copines non plus. J’ai un blogue à alimenter (au moins minimalement), moi.
(Quoique pour être totalement honnête, je dois dire que j’ai d’abord rédigé ceci dans un bar-café-bistrot dont je suis en voie de devenir une habituée : La Montagne Sans Geneviève, rue du Pot-de-Fer. Pas touristique, pas bondé, pas trop cher, tout près de l’ÉNS, ambiance sympa et faune plus ou moins de mon âge si on évite l’heure de la fin des classes du lycée voisin. J’aime.)
***
Dimanche matin, après une visite au marché de la place Monge, j’ai profité du beau temps pour aller arpenter ce Jardin du Luxembourg et prendre quelques photos. J’y étais déjà allée quelques fois depuis mon arrivée, mais toujours pour courir, c’est-à-dire toujours en accéléré, dans un état de conscience altérée et en parcourant sa périphérie seulement, question de faire de beaux grands tours.
Voici quelques images glanées pendant la promenade.
La fontaine de Médicis; un endroit privilégié pour roucouler entre amoureux, selon mon Routard.
L'écorce des platanes qui entourent la fontaine tend à confirmer la légende routardienne.
Avec la photo touristique, la course à pied et le flottage de petits voiliers sur le bassin, la lecture est en bonne position au palmarès des activités hortoluxembourgeoises. Sans oublier le promenage de chiens.
Tiens, parlant de coureurs... les matins où je cours, j'emprunte le même parcours qu'eux, sous les regards blasés des gardiens de sécurité. Sur la seconde photo, le t-shirt le plus courant de Paris (quoique vu plus souvent dans sa version blanche que noire), ce bon vieux I*heart*NY.
Au fond, la façade du Panthéon (au flanc duquel mène d'ailleurs la rue d'Ulm, "ma" rue).
Le vestiaire des pétanqueurs.
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