jeudi 8 octobre 2009

J'ai mes raisons

C’est par hasard que je suis entrée chez ce caviste-ci de la rue Mouffetard plutôt que chez celui d’en face, le lendemain de mon arrivée, en prévision d’un souper chez Mounia. Et j’y suis toujours retournée, même si sa boutique est la plus petite des deux, même s’il fait partie d’une chaîne et l’autre pas. Parce que l’ancien prof de philo a toujours le bouquin à la main ou sur le coin du comptoir, qu’il me salue quand je passe devant sa porte, me fait le baisemain ou me remercie de mon sourire quand j’entre chez lui, qu’il aime visiblement parler vin, qu’une fois sur deux il a un ou deux de ses trois enfants dans les pattes, qu’il m’offre de mettre la bouteille élue à refroidir et de repasser le prendre plus tard, qu’il écrit de la poésie, qu’il m’invite avec mon amoureux à aller prendre l’apéro en fin de shift un de ces vendredis ou samedis pour faire connaissance. (Bon, d’accord, il ne dit pas shift). Un caviste parisien un peu cliché, la gentillesse en plus, un caviste comme on les rêve de loin, au pays du vin surtaxé et monopolisé par l’État. Et c’est pour ça que je lui suis fidèle.

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