vendredi 31 décembre 2010

Adieu, 2010!

Le soir, pour me calmer l'esprit et trouver le sommeil, j'ai l'habitude de me repasser mentalement le film de la journée écoulée, en insistant sur ses aspects positifs. C'est un peu cucul, je le concède, mais ça marche: je ne me rends jamais à la fin de la journée.

Il y a quelques jours, la tête sur l'oreiller, j'ai remplacé ce petit bilan quotidien par une réflexion du même type sur l'année qui s'achève ce soir.

Et je n'en suis tout simplement pas revenue.

En 2010, j'ai passé à peu près la moitié de l'année à l'étranger.
J'ai vécu à Paris et à Montréal.
J'ai visité Strasbourg, Lille (très brièvement), le Médoc; Mexico et l'État de Oaxaca.
Ce voyage au Mexique était mon premier voyage "dans le Sud".
J'ai couru un demi-marathon.
J'ai mangé des sauterelles.
J'ai bu des vins grandioses, parmi les meilleurs du monde, notamment des Lafite Rothchild, des Château Margaux, des Château d'Yquem.
J'ai dîné (soupé) à la table d'un baron et j'ai même eu une courte conversation mondaine avec lui.
J'ai réussi mon examen préliminaire de doctorat.
J'ai acheté un mélangeur sur socle (ne riez pas: dans la vie d'une maniaque de pâtisserie et de boulangerie maison comme moi, c'est toute une étape).
J'ai rencontré des gens nouveaux, dont certains (B., J., O.) sont devenus des amis chers.
J'ai fait deux gâteaux de noces. plus une dizaine de gâteaux d'anniversaires.
Je me suis mariée.
J'ai commencé à travailler comme tutrice à la Téluq.
J'ai soumis une proposition de conférence dans le cadre d'un séminaire prestigieux à l'ÉNS et elle a été acceptée.
J'ai accepté le poste de secrétaire de rédaction d'une revue électronique de littérature qui sera lancée en 2011.
J'ai conçu la maquette de cette revue.

J'en oublie sûrement, mais j'ai sommeil. Une petite sieste avant d'aller rejoindre les amis, question de saluer dignement ce soir la fin de cette année grandiose.

lundi 22 novembre 2010

Délier la routine

Depuis quelques jours, je m'aperçois que les routines anciennes ne me conviennent plus. Même les moments qui me plaisaient dans mes habitudes -- la balade du midi au café ou au marché, la cuisine à deux du dimanche -- me laissent insatisfaite et un peu triste. Le boulot commence trop tard, mais je ne veux plus utiliser le réveil-matin et il est difficile de me passer de mon lever en douceur avec radio, café, vaisselle, puis Internet, puis course, puis petit déjeuner. Les périodes de travail sont frustrantes; les pauses culpabilisantes. Une impression d'impuissance, aussi, comme si j'étais un personnage de dessin animé qui s'agite follement pour échapper à un géant qui le retient nonchalamment, le pouce et l'index refermés sur son chandail.

Je cherche autre chose. Pas facile de défaire les habitudes, d'en reprendre d'autres. Je suis tentée de balancer toute routine, tout horaire. Saurais-je quand même être productive?


*****

Quand je suis déprimée, triste, stressée, encolérée, je m'en veux: non mais si ça a du sens, quand on est tellement comblée, quand on a tellement tout!

Et dès que je me sens mieux, dès qu'une bouffée de bonheur me tire vers le haut, je crains d'être maniaco-dépressive.

samedi 20 novembre 2010

Un samedi de novembre

Nous nous levons étonnamment tard, même pour un samedi. Premier café et vaisselle de lendemain de réception. J'imagine que les invités ne me croient pas quand je les en assure, au moment de décliner leur offre d'aide et de leur souhaiter bonne nuit, mais c'est vrai: j'aime bien rincer les verres et les glisser dans leur support, essuyer les grandes assiettes, ranger les casseroles, l'assiette à pied, secouer la nappe en repensant à la soirée de la veille.

C'était notre première "soirée vin" depuis mon retour de Paris (!). Soirée merlot, avec ces trois vins. Après la dégustation, j'ai servi ceci. Je m'étais même lancée pour la première fois dans une recette de Julia Child avec, question de faire bien français, des pommes de terre purée (moi qui n'en cuisine pratiquement jamais!). Franchement, tout était très bon. Le gâteau aussi, dont les accents portugais se sont plutôt bien mariés avec les canneberges locales, version compote.

Nous finissons la vaisselle juste à temps pour filer à ce resto si près de chez nous qu'il est ridicule que nous n'y soyions jamais allés. Les plats sont tout juste corrects, mais qu'importe, quand il y a B. et son rire, Jo. et ses anecdotes, les premiers sourires de leur toute-petite, du soleil et du café à volonté.

Dissoute, la volonté de passé mon samedi après-midi à travailler pour compenser la journée d'hier passée dans la cuisine. Direction Musée McCord, pour voir une expo qui me motive à reprendre l'appaeil-photo, une autre qui me fait m'extasier (pauvres gardiens qui doivent se taper des petits cris attendris à la semaine longue) et un bout de leur exposition permanente sur Montréal. J'ai beaucoup d'affection pour ce petit musée à la fois éducatif et documenté, professionnel mais chaleureux. À chaque visite, je découvre de nouveaux morceaux du Montréal passé, plus anglais, à la fois plus pauvre par bouts et plus scintillant par d'autres, avec ses vies que j'ai peine à m'imaginer mais que je peux quand même relier à la nôtre, à ce que la ville est devenue. À chaque visite, avec chaque morceau que je découvre, que j'absorbe, Montréal devient un peu plus mienne, et moi un peu plus montréalaise.

dimanche 23 mai 2010

Balade pentecostale II - Rive Droite


Mon objectif de départ - autrement dit: le prétexte de la balade, puisqu'il m'en faut un - était les Champs-Élysés, recouverts de plantes et d'arbres pendant la nuit par les Jeunes agriculteurs français.


D'autres choses jolies croisées en chemin...


Rue Saint-Honoré









Des cordes de gros billots nous accueillaient sur les Champs, le long de la portion encore ouverte à la circulation.





Des oeuvres d'art se cachaient entre les billots


Après la foresterie, le potager:





Il y avait aussi des stands tenus par des associations d'agriculteurs de chaque région de France.C'était bondé, je n'ai pas eu le courage de m'approcher. Et puis le Salon de l'agriculture, j'ai eu beau adorer, j'ai déjà donné.

Je crois que le monsieur, il faisait du jus de pommes. Peut-être du cidre, éventuellement. En tout cas, selon la rumeur, il pressait des pommes.



Effort de joliesse jusque sur le tronc des lampadaires. Paris, le sais-tu que je t'aime?



Mais c'est ensuite que c'est devenu vraiment impressionnant:






J'allais oublier les moutons! (Eh oui, il y avait des pauvres bêtes qui se faisaient rôtir sous leur laine ou leur fourrure - y avait aussi des vaches, et d'autres enclos dont je ne me suis pas approchée.)



*****

Plus que 17 nuits parisiennes, pour le meilleur et pour le pire.

Balade pentecostale I - Rive Gauche


Il y longtemps que je suis venue faire un tour ici. Toujours la même histoire: quand je rédige le jour, le soir je me change les idées. Et le dimanche, je mets le nez dehors. Tiens, dimanche dernier, je me suis rendue à pied jusqu'à la place Colette pour voir le premier volet de Mystère Bouffe à la Comédie française avec un ami du CRIST. Cette série de contes scato-religieux m'a fait rire aux larmes. J'ai bien hâte de voir voir le second volet demain soir.

Ensuite, nous avons jasé longuement autour d'un kir, sur une terrasse juste à côté du théâtre et nous sommes repartis à pied.

C'est souvent dans les rues des villes que j'aime, et dans leurs cafés (bon oui, d'accord, aussi dans leurs marchés) que je me sens le plus heureuse.

Aujourd'hui, le saviez-vous chez Québécois qui me lisez, c'est la Pentecôte. Ce qui signifie bien sûr que demain, ce sera le congé du lundi de la Pentecôte. Et jeudi de la semaine précédente, c'était l'Ascension - fériée elle aussi. Avec "pont" le lendemain (c'est-à-dire congé - on va quand même pas rentrer travailler juste une journée, non mais!). Je ne me suis jamais sentie aussi connectée avec mon calendrier religieux que depuis que je travaille/étudie dans le pays qui a décrété la séparation des Églises et de l'État en 1905.  Quatre fériés (pas tous religieux, j'en conviens) en moins d'un mois. Je ne m'en plains pas (ou à peine), je m'étonne. Parce que c'est sans compter les deux semaines de vacances à Pâques, les vacances de ski en février ou mars selon les régions, les vacances de Noël, les vacances d'automne et les vacances estivales (neuf semaines pour les écoliers, pour les travailleurs ça varie).

*****

Tout ceci pour dire qu'en ce beau dimanche de Pentecôte qui se prenait pour un jour d'été, j'ai fait une longue balade dans Paris, appareil-photo en main. 



J'ai remonté la rue d'Ulm...



... puis j'ai pris à gauche, rue Pierre et Marie Curie. Il y a de jolis édifices sur cette rue.





J'ai remonté la rue Saint-Jacques vers le Luxembourg...

J'ai contourné le jardin et j'ai piqué à travers le VIe arrondissement, direction Seine. 

Je suis toujours ravie de découvrir des panneaux ou des gravures toponymiques anciens. Il m'arrive assez souvent d'en découvrir au détour d'une rue, dans ce quartier.



Allez, je triche un peu: en voici d'autres, photographiés tout près, mais dimanche dernier et non ce matin:


Mais revenons à ce matin. Près de la place du Québec, je me suis arrêtée devant cette librairie pour croquer une pomme. (Aucun lien entre la librairie et la pomme, je vous conte ma vie, c'est tout.)


J'ai ralenti place Saint-Germain-des-Près. On n'échappe pas au mythe, si galvaudé qu'il soit.



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Rue Bonaparte



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Tiens, un petit space invader
Enfin je crois - il est moins élaboré qu'à l'habitude et il ne figure pas sur la carte.


Parmi les rares commerces ouverts le dimanche, et un dimanche "de fête", qui plus est: quelques bouquinistes des quais de Seine

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Sur le pont des Arts, que j'ai pourtant emprunté plusieurs fois, j'ai remarqué pour la première fois ces cadenas, peut-être parce qu'ils rutilaient au soleil de midi.



(La suite dans un autre billet, parce que celui-ci devient décidément trop long.)

dimanche 9 mai 2010

Les cinq sens, avec un peu de retard

Si je n'ai pas publié ce billet le vendredi, comme je le fais habituellement, c'est en partie à cause de ma connection Internet (à l'ÉNS, nous avons souvent du mal à nous connecter à tout ce qui relève de Google, et Blogger en fait partie), et parce que j'ai hésité sur les sensations à relever. Devaient-elles nécessairement être agréables? J'ai conclu que de préférence, oui, mais que l'essentiel était qu'elles aient marqué la semaine. Et j'avoue que celle-ci a été pénible, pour différentes raisons.


Voici donc la sélection sensorielle de la semaine, marquée par un court séjour à Lille à la faveur d'un colloque où j'ai eu le plaisir d'y retrouver mes collègues et amis du CRIST.


Entendre: le bruit d'explosion qui nous a donné une bonne frousse, à É. et à moi, quelques minutes avant le départ du train, en Gare du Nord. Nous avons quitté le wagon en état de choc, certaines qu'il s'agissait d'une bombe. Heureusement, ce n'était qu'une sorte de gros beigne en caoutchouc entre notre wagon et le précédent (une partie de la suspension, peut-être?) qui avait éclaté. Le personnel a rapidement dirigé les passagers vers le train suivant, qui était évidemment bondé, mais qui nous a tout de même permis d'arriver à temps au colloque.

Voir: le vieux Lille, si charmant avec son architecture flamande (dans la mesure où je peux en juger), très ornée, aux couleurs riches.

Goûter: le welsh, un hybride ch'ti entre le croque-madame hexagonal et le welsh rarebit d'outre-Manche: pain imbibé de bière, jambon, fromage local (dont j'ai oublié le nom) en abondance, le tout passé au four et surmonté d'un oeuf miroir.

Toucher: à Lille, ma sensation tactile dominante a été le froid. Il faisait moins de dix degrés et le tout chauffage avait été coupé dans les édifices. Résultat: même avec mon manteau, mon foulard et l'aide des petites chaufferettes installées le second jour, j'avais les ongles bleus et mes genoux claquaient. Je me sentais comme au camp d'été, quand il y a une vague de froid et qu'on n'a qu'un seul chandail de laine dans ses bagages.

Sentir: je n'ai pas été marquée par une odeur en particulier, à Lille. J'en profite donc pour mentionner l'odeur de "mon café parisien", grand petit plaisir quotidien depuis plusieurs mois. Ce café n'a rien de très raffiné, c'est un arabica mexicain bio de la marque maison du Monoprix qui me coûte dans les deux euros le sachet. Mais pour moi, il sent la France. Le grain moulu, non infusé, me rappelle mes premiers séjours parisiens. J'ignore pourquoi, puisque les copines chez qui j'ai habité alors n'achetaient pas le même. Le plastique du sachet qui donnerait une odeur particulière au grain, peut-être? En tout cas: chaque matin, je prends une grande inspiration, le nez juste au-dessus du sachet, avant d'y puiser deux cuillerées comble pour mon infusion, et je me rappelle que je suis à Paris.


(Le grand décompte commence: je repars dans exactement un mois.)

samedi 1 mai 2010

Le 1er mai, fête des travailleurs... et du muguet

C'est le 1er mai, fête des manifestations travailleurs. Pour l'occasion, à peu près tout est fermé, sauf les cinémas et les cafés.

J'ignore s'il y a un lien entre les deux traditions, mais le 1er mai est aussi un jour où les Français offrent un petit bouquet de muguet à ceux qu'ils aiment. Aujourd'hui, à tous les deux ou trois coins de vue, quelqu'un est posté avec son seau, son panier ou sa table garnis de petites clochettes odorantes. On dit que ces fleurs portent bonheur pour l'année à venir.

Vous en voulez un peu?


Rue Mouffetard



Près de l'entrée du métro Censier



Place des Gobelins