Si je n'ai pas publié ce billet le vendredi, comme je le fais habituellement, c'est en partie à cause de ma connection Internet (à l'ÉNS, nous avons souvent du mal à nous connecter à tout ce qui relève de Google, et Blogger en fait partie), et parce que j'ai hésité sur les sensations à relever. Devaient-elles nécessairement être agréables? J'ai conclu que de préférence, oui, mais que l'essentiel était qu'elles aient marqué la semaine. Et j'avoue que celle-ci a été pénible, pour différentes raisons.
Voici donc la sélection sensorielle de la semaine, marquée par un court séjour à Lille à la faveur d'un colloque où j'ai eu le plaisir d'y retrouver mes collègues et amis du CRIST.
Entendre: le bruit d'explosion qui nous a donné une bonne frousse, à É. et à moi, quelques minutes avant le départ du train, en Gare du Nord. Nous avons quitté le wagon en état de choc, certaines qu'il s'agissait d'une bombe. Heureusement, ce n'était qu'une sorte de gros beigne en caoutchouc entre notre wagon et le précédent (une partie de la suspension, peut-être?) qui avait éclaté. Le personnel a rapidement dirigé les passagers vers le train suivant, qui était évidemment bondé, mais qui nous a tout de même permis d'arriver à temps au colloque.
Voir: le vieux Lille, si charmant avec son architecture flamande (dans la mesure où je peux en juger), très ornée, aux couleurs riches.
Goûter: le welsh, un hybride ch'ti entre le croque-madame hexagonal et le welsh rarebit d'outre-Manche: pain imbibé de bière, jambon, fromage local (dont j'ai oublié le nom) en abondance, le tout passé au four et surmonté d'un oeuf miroir.
Toucher: à Lille, ma sensation tactile dominante a été le froid. Il faisait moins de dix degrés et le tout chauffage avait été coupé dans les édifices. Résultat: même avec mon manteau, mon foulard et l'aide des petites chaufferettes installées le second jour, j'avais les ongles bleus et mes genoux claquaient. Je me sentais comme au camp d'été, quand il y a une vague de froid et qu'on n'a qu'un seul chandail de laine dans ses bagages.
Sentir: je n'ai pas été marquée par une odeur en particulier, à Lille. J'en profite donc pour mentionner l'odeur de "mon café parisien", grand petit plaisir quotidien depuis plusieurs mois. Ce café n'a rien de très raffiné, c'est un arabica mexicain bio de la marque maison du Monoprix qui me coûte dans les deux euros le sachet. Mais pour moi, il sent la France. Le grain moulu, non infusé, me rappelle mes premiers séjours parisiens. J'ignore pourquoi, puisque les copines chez qui j'ai habité alors n'achetaient pas le même. Le plastique du sachet qui donnerait une odeur particulière au grain, peut-être? En tout cas: chaque matin, je prends une grande inspiration, le nez juste au-dessus du sachet, avant d'y puiser deux cuillerées comble pour mon infusion, et je me rappelle que je suis à Paris.
(Le grand décompte commence: je repars dans exactement un mois.)
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