Les jours filent, entre
un jeudi soir au Centre Pompidou, où l'art contemporain m'a fait la désagréable impression d'être en grande partie du n'importe quoi (à part ceci, une oeuvre touchante de Sophie Calle et une sculpture troublante de Louise Bourgeois);
un souper avec V vendredi qui devait à la base être sénégalais, mais qui nous a finalement conduites à ma petite adresse presque secrète, un endroit à la fois simplement et ambitieusement nommé Le Resto, que j'étais tellement contente de partager et qui ne nous a pas déçues;
un apéro du samedi dans un bar très particulier où j'ai savouré un Agnès (gin, jus de lime, sirop de vanille et liqueur de fleur de figue) et M un Pirate quelque chose, au rhum - le tout au coin du feu, dans le petit salon d'une demeure de Montmartre - suivi d'un concert énergique de Yann Perreau aux Trois Baudets;
un dimanche entre les galeries XIXe du Louvre, une courte balade sur les quais de Seine, une séance de cinéma avec des copines et le concert pour Haïti au Zénith...
... et voilà que je n'ai plus le temps / le goût / le besoin de passer par ici.
J'aurais aimé écrire qu'un cycle, une semaine, a suffi pour que je me sente de nouveau bien ici. La vérité, moins ronde, moins régulière, c'est qu'une douzaine de jour ont été nécessaires au rééquilibrage. Pour que se réinstalle un salutaire sentiment de distance par rapport au Québec, pour que Paris redevienne juste assez familière pour m'irriter un peu moins, pour que j'aie à nouveau de l'affection de de l'appétit pour elle.
Choses parmi d'autres apprises au cours des derniers jours:
- les épaules du fameux zouave du pont de l'Alma n'indiquent pas correctement le niveau de l'inondation de 1910: il a été déplacé depuis; mieux vaut se fier aux marques sur les édifices
- le café que j'aime s'appelle un "double crème" et non pas "un crème avec double dose de café"
- c'est un "coquetier" et non pas un "cocotier" comme l'arbre (ben quoi, ça tient les cocos, ce machin en porcelaine, non?);
- Toulouse-Lautrec mettait des poissons rouges dans les carafes d'eau qu'il servait à ses invités, en guise d'incitatif à consommer plutôt du vin.
mardi 26 janvier 2010
mercredi 20 janvier 2010
Une première pierre
Ça y est. Aujourd’hui, j’ai posé la première pierre de ce qui ne sera certainement pas une cathédrale - au mieux une maison modeste, aux murs pas trop croches et au toit à peu près étanche : ma thèse. C'est une toute petite pierre, à peine un caillou, même pas encore tartiné de mortier. Les premiers mots qui ne sont ni des notes préparatoires, ni des « à méditer ». Les premiers mots adressés à mes quelques futurs lecteurs. Une toute petite pierre, mais comme elle a été longue à prendre forme, à se poser! Une toute petite pierre, mais (que j’espère) assez lourde pour briser la glace.
***
En fin d'après-midi, pour changer d'ambiance de travail, je me pose à la Pâtisserie Viennoise (ouverte, cette fois). L'endroit a le rustique un peu appuyé, avec ses tables bancales serrées les unes contres les autres et ses affiches vintage de biscuits LU et autres Bière de la Meuse. Les jolis miroirs octogonaux à bordure biseautée ont tout de même l'air authentiquement vieux. Sur la carte, les longues listes de desserts font tourner la tête. Le chocolat chaud, vanté par l'un de mes blogueurs favoris, me déçoit un peu. Il est plutôt riche et bien amer, bon, mais sans plus. On est loin de la xocolata barcelonaise. Ma part de gâteau au pavot est à peu près l'inverse de ce qui se fait chez nous sous ce nom : la texture est assez aérienne et moelleuse à la fois (blancs d'oeufs en neige et poudre d'amandes, peut-être?), le pavot domine et le citron se fait discret. J'ai l'impression de goûter véritablement le pavot pour la première fois. La saveur est à la fois piquante, végétale, un peu mentholée. Exotique, surprenant. Il faudra que j'y retourne, il y a encore tant à goûter!
mardi 19 janvier 2010
Janvier; Luxembourg
Il y a quelques jours déjà que toute trace de neige a disparu. Pourtant, je trouve chaque fois quelque partie du jardin du Luxembourg entourée de rubans blancs à rayures vertes ou rouges, selon un code que je ne saisis pas très bien; c'est la saison de la taille des arbres.
Un nombre étonnant des pensées plantées en décembre (plantées, en décembre!) ont survécu au froid et à la neige.
Et le monsieur pipi, puisqu'ici c'est un monsieur, me rend à chaque fois la monnaie avec cette attitude hautaine de vieux majordome réticent à laisser entrer chez son maître une pauvresse qu'il n'appelle "madame" que du bout des lèvres. Ce qui m'amuse assez, la plupart du temps.
Un nombre étonnant des pensées plantées en décembre (plantées, en décembre!) ont survécu au froid et à la neige.
Et le monsieur pipi, puisqu'ici c'est un monsieur, me rend à chaque fois la monnaie avec cette attitude hautaine de vieux majordome réticent à laisser entrer chez son maître une pauvresse qu'il n'appelle "madame" que du bout des lèvres. Ce qui m'amuse assez, la plupart du temps.
lundi 18 janvier 2010
Jaune d'oeuf
Je porte un petit chandail (un "puuull") de laine à col roulé que j'ai rapporté de ma balade en solo sur le boulevard Saint-Michel. Il est d'un jaune très riche, à peu près la couleur d'un jaune d'oeuf. Il me tentait depuis l'automne dernier, mais le jaune est la couleur qui me va le moins (ex aequo avec l'orangé).
Et puis samedi, sous l'averse, je me suis dit: tant pis.
Il me réjouit tellement, ce pull, que je le porte pour une troisième journée d'affilée.
Et puis samedi, sous l'averse, je me suis dit: tant pis.
Il me réjouit tellement, ce pull, que je le porte pour une troisième journée d'affilée.
dimanche 17 janvier 2010
Une carte de "mon Paris"
Hier soir, j'ai commencé à bidouiller une carte (toujours en cours d'élaboration) où je note les endroits que j'ai visités, fréquentés, aimés. Il suffit de cliquer sur les repères pour accéder au site Web du lieu.
Afficher Mon Paris sur une carte plus grande
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samedi 16 janvier 2010
Samedi solo
Matin gris et mouillé de longue course lente. J'avais pour plan de passer l'après-midi à me balader en ville, parce que j'aime Paris quand je marche Paris, mais la pluie persistante et souvent drue m'en décourage. Je vais plutôt faire un peu les soldes sur le boulevard Saint-Michel, vers Cluny, puis je bouquine longtemps, longtemps, longtemps chez Gibert Joseph. Grand petit plaisir en solo. J'en repars avec un peu trop de livres, mais difficile de résister, surtout quand ils sont usagés. Les résultats de ma cueillette: un guide sur Strasbourg, Le parti pris des choses de Francis Ponge, Le Ventre de Paris de Zola, L'Emploi du temps de Butor, Physiologie du mariage de Balzac, le Marie-Antoinette d'Antonia Fraser, Éloge du mariage, de l'engagement et autres folies de Christine Singer (ben quoi, je me documente!), Délices et cœur brûlé de Vanessa K.
Une fois les achats réglés, l’estomac en état d’urgence, je me précipite vers la Pâtisserie Viennoise, dont on m’a vanté le chocolat chaud et les gâteaux. Je me cogne le nez sur une porte grillagée : ouvert du lundi au vendredi. Gmmpff. Je me rabats sur un bistrot voisin, le Bistrot 1. Je crains l’attrape-touriste (il y en a tellement dans le quartier), mais je suis agréablement surprise : le personnel est affable et efficace, l’endroit est charmant. Ma tartelette aux pommes n’a rien d’extraordinaire, mais la salle à l’étage, où je colle plus d’une heure avec mon thé et mes bouquins, est juste assez vieillotte pour être chaleureuse, avec une touche d'élégance. Dans la rue, en contrebas, le défilé des parapluies.
vendredi 15 janvier 2010
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