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| 3 août |
Au début de l'été, des fasciites plantaires m'ont forcée à réduire mon kilométrage à la course, puis à cesser complètement de courir pendant deux longues semaines. Courir est aussi ancré dans mon mode de vie que de me laver; c'est dire combien les interruptions sont pénibles.
Au fil de mes lectures au sujet de cette blessure, j'ai découvert ces drôles de gants de pieds. Pas geek du tout en matière de course, j'ignorais tout de la vogue des chaussures minimalistes. Des coureurs affirmaient sur différents forums avoir réglé leurs problèmes de fasciites plantaires grâce aux VFF. Il y en avait chez MEC. J'ai tenté le coup.
Avant de les chausser, suivant la recommandation du fabricant, j'ai fait quelques courtes sorties carrément nu-pieds, question de m'habituer au mouvement de course sans le soutien de mes grosses chaussures habituelles. Je me suis vite rendu compte que les pieds, les chevilles et les mollets sont sollicités d'une façon bien différente -- et plus intense sans chaussures. Mais surtout: le plaisir de courir pieds nus dans le gazon mouillé de rosée ou sur la terre chaude a été une révélation, sans compter que la douleur sous mes pieds avait à peu près disparu -- à peine un pincement pendant les premières minutes. La crainte permanente de m'enfoncer un éclat de verre dans le pied (je cours surtout dans le parc Jarry) ou d'écrabouiller une guêpe m'a quand même fait chausser mes VFF deux semaines plus tard. Dommage, quand même.
Je trouve que les VFF sont un bon compromis entre la (périlleuse) course pieds nus et la course en chaussures de course "ordinaires". Un entre-deux côté sensations et côté protection, quand même beaucoup plus proche de la course pieds nus que de la course en chaussures. Et par un grand mystère biomécanique, j'ai toujours très peu de douleurs avec ce nouveau type de chaussures, même si mes blessures ne sont pas encore guéries: la semaine dernière, j'ai tenté une sortie avec mes bons vieux Asics Nimbus. Bobo. C'est mieux, bien sûr, à force d'applications de glace, d'étirements et d'exercices de renforcement, mais ce n'est pas disparu. Reste à m'assurer de ne pas créer de nouvelles blessures avec les VFF, mais j'augmente mon kilométrage très progressivement: après six semaines d'entraînement, mes sorties les plus longues font seulement 8 kilomètres et je ne cours qu'un jour sur deux, pour un total hebdomadaire qui représente environ le tiers de mon kilométrage d'avant les fasciites plantaires. Seule ombre au tableau: parfois, au retour de la course, j'ai un peu mal sous les gros orteils. J'applique de la glace et je modère mes ardeurs.

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